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Bouches-du-Rhône: malgré un canal asséché, les habitants d'une commune forcés à payer une taxe sur l'eau

RMC S'ENGAGE POUR VOUS - Dans une petite commune des Bouches-du-Rhône, les habitants proches d'un canal paient une taxe pour profiter de l'eau. Mais le-dit canal est malheureusement à sec depuis plusieurs années. La taxe, elle, continue pourtant d'être collectée.

83 euros par an. C'est la taxe paient des habitants de la commune de Pélissanne dans les Bouches-du-Rhône. En échange, ils sont censés profiter de l'eau du canal de Craponne qui longe leurs habitations. En gros, ils paient pour pouvoir arroser leur jardin. Sauf que ça fait des années qu'à cet endroit, le canal est à sec. Et s'il n'y a plus d'eau, il y a toujours la taxe, ce qui agace un tant soit peu Frédéric, l'un des habitants.

"Il n'y a jamais d'eau, autant l'été que l'hiver et nous payons pour avoir cette eau qu'on devrait pouvoir utiliser pour arroser notre jardin et notre potager. C'est le cas de beaucoup de personnes dans ce village de 10.000 habitants. Beaucoup de gens se plaignent mais il n'y a rien à faire, nous n'obtenons pas gain de cause, nous payons pour une eau que nous n'avons jamais. Comme dirait Marcel Pagnol, 'J'ai payé mon eau, je veux mon eau'", philosophe Frédéric.

Frédéric a été en contact avec une centaine de personnes dans la même situation à Pélissane. Pourtant, Guy Constant, le président de l'Association des arrosants de Craponne qui collecte la taxe, l'assure: personne ne s'est manifesté. "Tout ça, c'est indépendant de l'association. Il y a une partie des habitants qui ne se manifeste pas et on ne peut pas savoir qu'ils paient sans avoir d'eau", explique-t-il à RMC.

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Forcés à payer la redevance à perpétuité

Sauf qu'évidemment, les habitants comme Frédéric se sont manifestés auprès de l'Association des arrosants de Craponne qui leur a répondu que leur maison était dans le périmètre d'arrosage, et qu'ils devaient payer la redevance à perpétuité, eau ou pas eau.

Et Pélissane n'est pas du tout un cas isolé. Ce canal de Craponne passe par de très nombreuses communes, comme à Istres mais aussi à Sénas. Philippe Ginoux, le maire de Sénas, a réussi à faire cesser cette aberration en dissolvant purement et simplement l'association locale collectant la taxe: "Moi j'ai prouvé au service de l'Etat que certaines personnes n'avaient plus accès à l'eau et qu'il fallait revoir le périmètre et refaire une enquête publique. Mais la procédure a pris trois ans", raconte-t-il à RMC.

Contactée, la mairie de Pélissanne a assuré qu'elle voulait bien faire bouger les choses en récupérant la gestion du canal pour que les habitants n'aient plus à payer. Mais ça risque de prendre un peu de temps, même si les choses bougent déjà. Après l'intervention de RMC, Frédéric a obtenu un rendez-vous avec un des responsables de l'association des arrosants.

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Anne-Lyvia Tollinchi et Marie Dupin