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2700 personnes évacuées d'Afghanistan vers la France: "Il faut accueillir les réfugiés en étant lucide et sans être naïf", assure Marlène Schiappa sur RMC

DOCUMENT RMC - La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa a précisé les contours de la politique de la France concernant l'accueil de réfugiés afghans après la prise de Kaboul par les talibans.

Les évacuations d'Afghans vers la France se poursuivent malgré le double attentat perpétré jeudi près de l'aéroport de Kaboul, a annoncé l'état-major des armées. "La France poursuit son activité, l’ambassadeur est toujours sur place avec une délégation diplomatique et des membres du RAID", a confirmé ce vendredi sur RMC Marlène Schiappa la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté.

"Nous avons à ce stade évacué 2700 personnes, des Français mais également des Afghanes et des Afghans, soit parce qu’ils ont travaillé avec la France, soit parce qu’ils sont menacés par les talibans. Ce sont ces 'travailleurs de la liberté', comme les a nommés le président de la République: ce sont des avocats, des journalistes, des procureurs, des militantes féministes ou des combattants de la cause des droits humains ou LGBT", a-t-elle ajouté.

"Il faut accueillir les réfugiés en étant lucide et sans être naïfs"

Concernant le risque d'infiltration d'éventuels terroristes dans le flux de réfugiés rapatriés par la France, Marlène Schiappa a appelé à la lucidité dans l'accueil d'Afghans: "Il faut raisonner avec notre cœur et accueillir les réfugiés en étant lucide et sans être naïfs. C'est pour ça que les services de renseignements procèdent à des contrôles et un triple criblage pour garantir la sécurité des Français sur notre sol", a-t-elle assuré avant de préciser le processus d'intégration des Afghans rapatriés en France.

"Certains réfugiés n'ont pas vocation à rester en France, ils souhaitent parfois rejoindre leurs familles dans d'autres pays de l'Union européenne. D'autres ont vocation à demander le statut de réfugiés. Une fois ce statut obtenu, il y aura un parcours d'intégration qui commence notamment par faire suivre aux enfants un cursus scolaire. 
"J'ai invité une douzaine d'entreprises françaises jeudi au ministère de l'Intérieur en les appelant à engager dans quelques mois ces personnes quand elles auront le statut de réfugiés et qu'elles pourront travailler", a ajouté Marlène Schippa".

Jeudi après-midi peu après la double explosion qui a fait au moins 72 victimes civiles et 13 soldats américains, le président de la République Emmanuel Macron a assuré que la France allait encore tenter d'évacuer "plusieurs centaines" d'Afghans de Kaboul. Le chef de l'Etat a également expliqué qu'en raison de l'insécurité régnante sur place, l'ambassadeur de France à Kaboul travaillerait désormais depuis Paris.

Au total, plus de 100.000 personnes ont été évacuées d'Afghanistan depuis le 14 août, a annoncé jeudi un responsable de la Maison Blanche.

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Guillaume Dussourt