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Arsenal nucléaire, base navale en Ukraine... Vladimir Poutine dévoile son plan pour 2023

Vladimir Poutine le 9 novembre 2022 à Moscou

Vladimir Poutine le 9 novembre 2022 à Moscou - SERGEI BOBYLYOV / SPUTNIK / AFP

Vladimir Poutine est déterminé à continuer le combat en Ukraine. Il a assuré ce mercredi que de nouveaux missiles hypersoniques seraient disponibles en janvier 2023 et qu'il souhaitait poursuivre l'effort de guerre en continuant de développer le potentiel nucléaire de son armée.

Pas question d'abandonner. Le président russe Vladimir Poutine a affirmé ce mercredi que son pays allait continuer de développer son potentiel militaire, y compris la "préparation au combat" de ses forces nucléaires, en plein conflit en Ukraine et crise avec les Occidentaux.

"Les forces armées et les capacités de combat de nos forces armées augmentent constamment et chaque jour. Et ce processus, bien sûr, nous allons le développer", a déclaré Vladimir Poutine lors d'une réunion avec des hauts gradés de l'armée. "Nous continuerons à maintenir et à améliorer la préparation au combat de notre triade nucléaire", a-t-il ajouté.

De nouveaux missiles disponibles "début janvier"

Il a par exemple annoncé l'entrée en service "début janvier" des nouveaux missiles hypersoniques russes de croisière Zircon, qui appartiennent à la nouvelle famille d'armements développés ces dernières années par Moscou.

Le chef du Kremlin s'exprimait devant un parterre d'officiers supérieurs, lors d'une réunion censée fixer les objectifs de l'armée russe pour l'année 2023, alors qu'elle est pleinement engagée en Ukraine.

Des bases navales dans deux villes occupées d'Ukraine

L'une des "priorités" sera d'ailleurs de "continuer à mener l'opération spéciale (en Ukraine) jusqu'à ce que ses tâches aient toutes été remplies", a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

Ce dernier a aussi affirmé que Moscou allait déployer des bases navales pour "les navires de soutien, les services de secours d'urgence et les unités de réparation navale" dans les deux villes ukrainiennes occupées de Berdiansk et de Marioupol.

Le ministre de la Défense veut monter les effectifs à 1,5 million de militaires

Sergueï Choïgou a également assuré qu'en Ukraine "les militaires russes s'opposent aux forces combinées de l'Occident". "La présence croissante de l'Occident à nos frontières et celles du Bélarus, et la volonté de l'Occident de prolonger au maximum les opérations militaires en Ukraine afin d'affaiblir notre pays, suscitent une inquiétude particulière", a-t-il ajouté.

Sergueï Choïgou a jugé nécessaire d'augmenter les effectifs de l'armée russe à 1,5 million de militaires, d'augmenter l'âge limite du service militaire et de créer deux nouvelles entités administratives militaires dans le nord-ouest de la Russie

"Je suis d'accord avec vos propositions concernant les futurs changements structurels des forces armées", lui a répondu Vladimir Poutine, en assurant que ces évolutions allaient être menées "sans dommages" pour la société et l'économie russes.

La guerre en Ukraine, "une tragédie commune mais la Russie n'est pas fautive"

Vladimir Poutine a par ailleurs rendu brièvement hommage aux soldats russes tombés pendant l'offensive.

"Evidemment, les opérations militaires sont toujours associées à des tragédies et à des pertes humaines. Mais comme c'est inévitable, il vaut mieux aujourd'hui que demain", a-t-il affirmé. Le conflit en Ukraine est une "tragédie commune" mais la Russie n'est pas fautive, a ajouté Vladimir Poutine.

"Nous n'avons aucune limitation de financement"

Il a aussi assuré que Moscou n'avait aucun problème pour financer sa campagne militaire, malgré les sanctions occidentales: "Nous n'avons aucune limitation de financement. Le pays et le gouvernement donnent tout ce que l'armée demande. Vraiment tout!", a dit le dirigeant russe, qui a décrété en septembre une mobilisation militaire après des revers militaires de Moscou.

Il a rappelé que 300.000 Russes avaient été mobilisés depuis cette date et que, parmi eux, "une partie" était déjà au combat. "150.000 (mobilisés) sont en cours de formation sur des bases militaires. C'est une réserve suffisante pour mener des opérations, une réserve stratégique qui n'est pas utilisée dans les opérations militaires", a-t-il affirmé.

G.D. avec AFP