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Benoît XVI, un pape conservateur

Benoît XVI s'adressant une dernière fois à la foule le 28 février 2013.

Benoît XVI s'adressant une dernière fois à la foule le 28 février 2013. - Filippo Monteforte

Pendant ces huit années à la tête de l'Église catholique, Benoît XVI a mené une politique conservatrice sur les idées, réfutant toute sa vie les réformes sociales demandées par certains fidèles et créant de nombreuses polémiques.

Lorsqu'en avril 2005, le conclave choisit le cardinal Jospeh Ratzinger pour diriger le monde catholique, il est, à 78 ans, le doyen du collège des cardinaux qui vient de l'élire pour succéder à Jean-Paul II.

"Chers frères et chères sœurs, Messieurs les Cardinaux m'ont élu, moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur", dira-t-il, au balcon du Vatican, lors de sa première déclaration.

Joseph Ratzinger devient alors Benoît XVI, en hommage au pape Benoît XV, souverain pontife pendant la première guerre mondiale, et au fondateur de l'ordre de bénédictins, Benoît de Nursie. Un pape qui tranche avec son prédécesseur sur le style, beaucoup plus austère, tout en étant toujours aussi conservateur. Et pour cause, avant son élection, il dirigeait la congrégation de la doctrine de la foi, héritière de la tristement célèbre Inquisition.

Polémique sur le Sida et les préservatifs

Figure du conservatisme doctrinal de l'Église catholique, il sera un adversaire acharné des réformes sociales et structurelles de l'Église, souhaitées par un certain nombre de croyants. Ainsi, Benoit XVI refuse la communion des divorcés remariés, la gestion de l'Église par des laïques, l'ordination des femmes ou le mariage de prêtres. Il n'accepte pas non plus le préservatif et créé la polémique, dans l'avion qui l'emmène au Cameroun, un pays alors ravagé par l'épidémie de Sida.

"Je dirais qu'on ne peut pas vaincre ce problème du Sida avec de l'argent, qui est (certes) nécessaire, s'il n'y a pas l'âme, si les Africains ne s'aident pas. On ne peut le résoudre avec les préservatifs qui au contraire augmentent le problème."

Une polémique immense s'en suit, avant d'admettre son usage, "dans certains cas", pour freiner l'épidémie.

Des propos sur l'Islam dénoncés

Autre forte polémique de son pontificat, ses propos sur l'Islam, en septembre 2006, où il faisait référence à un lien intrinsèque entre Islam et violence. Le pape citait alors l'empereur byzantin du XIVe siècle Manuel II Paléologue, qui dénonçait, en termes vifs, la guerre sainte et la tentation de la violence qui, selon lui, est intrinsèque à l'islam. Immédiatement, le tollé est général dans le monde musulman et notamment en Turquie, où le Pape doit se rendre quelques semaines plus tard, mais aussi en Égypte, au Pakistan, où excuses et retrait de ces propos sont demandés. Il fera finalement amende honorable en allant se recueillir à la Mosquée Bleue d'Istanbul.

Son pontificat est aussi marqué par une série d'affaires de pédophilies dans l'Église, en Irlande, en Allemagne ou aux Etats Unis. Alors que les premières affaires éclatent dans les années 1980, sous le pontificat de Jean-Paul II, il est le premier Pape à présenter des excuses publiques pour ces affaires, à clairement condamner les prêtres pédophiles et sera surtout le premier à condamner le silence complice de certains Evêques. Pourtant, après sa démission, au printemps 2019, il écrit un texte dans un journal ecclésiastique où il lie révolution sexuelle et pédophilie. Il dira alors que "la révolution de 1968 s’est battue pour une complète liberté sexuelle, qui n’admettait plus de normes. La pédophilie a alors également été diagnostiquée comme permise et appropriée." Le texte fera immédiatement polémique et certains théologiens contestèrent immédiatement sa thèse, comme le théologien américain Brian Flanagan qui jugea cette “explication fausse et embarrassante”.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC