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Brexit: déjà des conséquences sur la hausse des prix

C'est ce mercredi que la première ministre britannique Theresa May enclenche officiellement le processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Si les négociations vont durer deux ans, les premiers effets du Brexit se font sentir, notamment sur la hausse des prix des produits importés de France. Reportage à Londres.

C'est un saut dans l'inconnu que s'apprête à faire les britanniques. La première ministre Theresa May met en œuvre ce mercredi l'article 50 du traité de Lisbonne, provoquant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Si le processus est enclenché, les négociations devraient durer encore deux ans. L'inquiétude elle, est déjà perceptible de l'autre côté de la Manche. De même que l'inflation. La hausse des prix a été de 2,3% le mois dernier, dépassant pour la première fois l'augmentation des salaires. Ce sont pour l’instant les produits d’importations qui sont les plus concernés.

"On rogne nos recettes"

Ainsi chez Biwine, entreprise d’importation de vin, où les nouvelles cuvées de vins de Bordeaux vont coûter 25% plus cher. Forcément, on s’inquiète pour les futures ventes, comme l'explique sur RMC Gilles Cooper, directeur de communication du groupe. "Dans certains cas les gens diront que c'est trop cher, et se tourneront vers d'autres produits ou des anciens millésimes déjà stockés au Royaume-Uni et achetés avec un taux de change plus favorable".

L’inflation a aussi déjà frappé de plein fouet la boulangerie de Laurent d’Orée, installée dans le quartier français de Londres. Il a vu les prix grimper de 5, puis 10 et enfin 15% sur de nombreux produits qu’il importe. "On importe le beurre qui vient de Normandie - un beurre qu’on ne trouve pas ici -, mais aussi des farines bio et des farines de meules qu’on ne trouve absolument pas en Angleterre. Pareil pour les chocolats qui sont des chocolats belges ou des français…" Pour éviter de répercuter la hausse sur les clients, Laurent a jusqu'à présent utilisé ses ingrédients de manière plus parcimonieuse et a surtout "rogné ses recettes".

"La hausse des prix va se poursuivre dans les prochains mois"

Une situation à laquelle il va falloir s'habituer à en croire Kay Neufeld, économiste au Center for Economics and Business Research, à Londres. "L'inflation va continuer d'augmenter dans les prochains mois car l'effet du taux de change ne s'est pas encore diffusé à tous les groupes de produits, prévient-il. Elle va probablement aller vers 2,7%, voire 3% d'ici la fin de l'année. Parallèlement on projette que la progression des salaires devrait stagner. Tout ça va saper le pouvoir d'achat, ce qui est très mauvais pour l'économie britannique puisque celle-ci repose pour beaucoup sur la consommation". En ce sens, l'Angleterre va devenir un laboratoire pour les autres pays tentés par une sortie de l'Union européenne.

P. Gril avec Sophie Miller