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"Daech est tombé, mais on a peur que ça recommence": ces Chrétiens d'Orient exilés attendent beaucoup de la visite du pape François

Le souverain pontife se rendra sur les sites les plus emblématiques de l'Islam et du Christianisme, pour soutenir la fragile minorité chrétienne et tendre la main à l'islam chiite.

Visite historique du pape François ce vendredi en Irak. C'est le tout premier voyage d'un souverain pontife en terre irakienne.

Premier objectif, panser les plaies, soutenir la communauté chrétienne, fortement réduite par l'exil, chassée par la guerre. Voilà pourquoi, dès ce vendredi, le pape prononcera un discours en la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours à Bagdad. 

C'est ici qu'en octobre 2010, des djihadistes d'Al-Qaïda y avaient mené la prise d'otages la plus sanglante contre des chrétiens d'Irak: une cinquantaine de morts, dont 44 fidèles et deux prêtres.

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Sous le joug de l'Etat islamique, Wessam, Fatina et leurs trois ados ont dû tout abandonner il y a 7 ans. Les albums photos, leur maison de Mossoul construite de leurs propres mains, leur communauté menacée par l'Etat Islamique.

"Daech a détruit beaucoup d'églises. ils obligeaient les Chrétiens à se convertir à l'Islam, sinon ils nous tuaient”, explique Fatina. “On est partis à cause de Daech bien sûr, mais aussi à cause des attentats qui ont eu lieu avant, contre des Chrétiens”, assure Abdallah, un des enfants.

Un espoir pour la jeunesse?

Cette semaine, le Pape François a adressé un message de soutien aux Irakiens avant son arrivée, très attendue par la communauté.

“On aurait aimé être en Irak pour l'accueillir dans notre pays, mais malheureusement, on ne peut pas”, appuie Wessam. "C'est toujours dangereux pour les Chrétiens de vivre à Mossoul. Daech est tombé, mais il reste des cellules dormantes et on a peur que ça recommence", ajoute Fatina.

Samedi, le pape François doit rencontrer le dignitaire chiite le plus important du pays. La famille Khalaf espère que ce dialogue inter-religieux porte la paix dans la région. “Cette visite du Pape ce n'est pas que pour les Chrétiens, c'est pour tout le pays. Pour les musulmans. Pour les pays voisins. Pour que les discriminations prennent fin", estime-t-il.

Un vrai espoir pour la jeunesse et leur fils Abdallah de 24 ans. “On va attendre de voir ce que va donner cette visite et s’il y a un changement dans le pays, si c’est plus calme, on y retournera pourquoi pas”, assure-t-il. 

Vivre là-bas et retourner sur leur terre: la famille prie souvent pour pouvoir y revenir un jour.

Nicolas Traino avec Guillaume Descours