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Donald Trump a permis une libération de la parole raciste aux Etats-Unis

Sixième nuit de tension aux Etats-Unis. Des manifestations dans plusieurs villes américaines réprimées par la police et l'armée. Audrey Célestine, maître de conférence à l’université de Lille et spécialiste de la question raciale aux Etats-Unis, était l'invitée de RMC.

Les Etats-Unis font face depuis plusieurs jours à des scènes de violences dans plusieurs grandes villes après la mort de Georges Floyd, tué par un policier la semaine dernière. Donald Trump, confronté aux désordres civils les plus graves de son mandat alors que le pays est confronté au Covid-19, a promis de "stopper la violence collective". Il a dénoncé les agissements de "gauchistes radicaux" et notamment la mouvance radicale "antifa", qu'il a annoncé vouloir désigner comme une organisation terroriste.

Pour Audrey Célestine, maître de conférence à l’université de Lille et spécialiste de la question raciale aux Etats-Unis, l’arrivée au pouvoir de Donald Trump a permis une libération de la parole raciste dans le pays. Elle prend d’ailleurs l’exemple de l’organisation “Black Lives Matter” qui avait été reçue à la Maison Blanche sous Barack Obama, mais qui est considérée comme une organisation terroriste par le président actuel. 

“Le racisme ne commence pas aux Etats-Unis avec Donald Trump, ce serait mentir que de le dire, mais de fait, on a une grosse libération de parole raciste. Dans cette période où un président prônerait l’unité, prendrait acte d’un certain nombre de choses, lui fait vraiment le service minimum et pour le coup, il continue à alimenter des tensions extrêmement fortes. Il y a deux trois jours il parlait de sa base électorale, du peuple MAGA, Make America Great Again, qui est son slogan de campagne en disant ‘mais MAGA adore les Africains-Américain, un peu comme s’il ne faisait pas parti de ce peuple-là qu’il est censé représenter”, explique-t-elle. 

Dimanche, des manifestations contre les violences policières ont eu lieu à New York, Philadelphie, Dallas, Las Vegas, Seattle, Des Moines, Memphis, Los Angeles, Atlanta, Miami, Portland, Chicago, ou encore la capitale Washington. 

Dans cette dernière ville, les manifestants sont allés jusque devant la Maison Blanche et la police a dû faire usage de lacrymogène pour disperser la foule qui n’a pas respecté le couvre-feu imposé dans la ville. 

Guillaume Descours