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Financement de la mosquée de Strasbourg: pourquoi certains y voient l'ombre d'une "ingérence" de la Turquie?

Le gouvernement par la voix de son ministre de l'Intérieur, a déploré le financement de la mosquée de Strasbourg par la municipalité, estimant que l'association en charge de la construction de l'édifice était liée au pouvoir turc.

Ce pourrait être la plus grande mosquée d'Europe. Mais faute de moyen, le chantier de la mosquée Eyyub Sultan, portée par la Confédération islamique Millî Görüs tourne au ralenti. Alors la mairie de Strasbourg, a décidé, comme le lui permet le concordat toujours en vigueur en Alsace-Lorraine contrairement au reste de la France, d'accorder une subvention de 2,5 millions d'euros à l'association pour permettre de finir l'édifice.

Problème, cette association serait un vecteur d'influence important pour la Turquie et son président Recep Erdogan, alors que les relations entre la France et la Turquie sont au plus mal.

Sans surprise, cette subvention accordée par la mairie de Strasbourg, a fait réagir au plus haut sommet de l'Etat. Ce mercredi sur RMC, Gérald Darmanin, a dénoncé l'absence de signature de la charte des principes pour l’islam de France par l'association Millî Görüs: 

"Cette association est allée chercher de l’argent au Qatar, a refusé de signer la charte qui dit que la République est laïque et que les femmes sont l’égal des hommes. C’est une ingérence nationaliste et l’on ne peut plus traiter avec ces associations", a-t-il assuré face à Jean-Jacques Bourdin.

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Regain de tension?

Claire Koç, journaliste et écrivain d’origine turque, originaire de Strasbourg, rappelle que "les démarches avaient été faites sous l’ancien maire" et déplore l'ingérence grandissante de certaines organisations turques:

"Personnellement j’ai reçu énormément de messages haineux et d’insultes pour avoir dit que j’aimais la France. Pour ces personnes qui se déchaînent sur les réseaux sociaux, je n’ai pas le droit d’aimer la France", a-t-elle assuré sur le plateau des "Grandes Gueules" ce mercredi, pointant du doigt certains jeunes issus de l’immigration turque.

Et parmi eux, une partie revendiquerait son appartenance aux "Loups gris", une organisation ultranationaliste turque présente en France et dissoute en 2020, considérée comme proche du pouvoir du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Mardi, Emmanuel Macron avait déjà mis en garde sur France 5 contre des tentatives d'ingérence de la Turquie lors de la prochaine élection présidentielle. "Evidemment, il y aura des tentatives d'ingérence pour la prochaine élection. C'est écrit, et les menaces ne sont pas voilées", a assuré le président de la République, évoquant "une politique de mensonges d'Etat relayés par les organes de presse contrôlés par l'Etat turc".

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G.D.