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Gaz russe: Bruno Le Maire et son homologue allemand refusent l'ultimatum de Vladimir Poutine

Les ministres de l'Economie français et allemand refusent de payer les importations de gaz russe en roubles, comme demandé par Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine l'a annoncé jeudi, les acheteurs de gaz russe de pays "inamicaux" devront payer en roubles à partir de ce vendredi, faute de quoi la Russie ne les livrera pas.

Mais la France et l'Allemagne ne comptent pas se plier à l'ultimatum russe. Le ministre de l'Economie Bruno Lemaire et son homologue allemand estiment qu'ils n'ont pas à payer en roubles.

"Il est écrit dans les contrats que les paiements se font en euros et parfois en dollars", a expliqué le chancelier allemand Olaf Scholz qui précise avoir "dit clairement au président russe que cela resterait ainsi. Les entreprises veulent pouvoir payer en euros et le feront."

Les deux camps perdants

Si la Russie ferme effectivement les gazoducs, les deux camps pourraient être perdants, selon les experts. D'abord parce que les pénuries frapperaient l'Union européenne où 40% du gaz consommé vient de Russie. Et en cas de retrait du premier fournisseur, les prix exploseraient, même en France où l'on consomme seulement 17% de gaz russe.

De son côté Moscou, se priverait d'un des piliers de son économie déjà fragile. Sans ces ventes de gaz et d'énergie vers l'Europe, la Russie devrait se passer d'environ 700 millions d'euros de revenus par jour.

En attendant, Bruno Le Maire a annoncé que la France et l'Allemagne "se préparent" à un éventuel arrêt des importations de gaz russe. "Il peut y avoir une situation dans laquelle demain (...) il n'y aura plus de gaz russe" a-t-il prévenu.

Nicolas Traino avec Emilie Roussey