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Guerre en Ukraine: pourquoi la Russie lance des référendums d'annexion

Les référendums d'annexion russe de quatre régions ukrainiennes débutent ce vendredi. Une question simple est posée aux habitants: "Pour ou contre l'annexion?". Les résultats ne font aucun doute, surtout qu'il reste majoritairement, dans ces territoires, des citoyens pro-annexions.

"La Russie est grande, c'est l'avenir. Ça fait longtemps que j'attends ce moment", dit un habitant de Lougansk, alors que les référendums d'annexion russe dans quatre régions d'Ukraine débutent ce vendredi.

En début de semaine, le Kremlin avait annoncé que ces référendums allaient se dérouler du 23 au 27 septembre. Les bulletins ont été imprimés à la hâte pour que tout soit prêt ce vendredi. Les résultats ne font, d'ailleurs, aucun doute.

L'une des raisons, c'est qu'il reste, dans ces territoires, majoritairement des personnes en faveur de l'annexion. Les autres ont fui ces régions, déjà contrôlées par la Russie.

Une mascarade pour le gouverneur ukrainien

"Je suis pour la Russie alors oui j'irai voter", affirme un autre habitant de Loungask.

Pour le gouverneur ukrainien de la région, ces scrutins sont une mascarade. "Ce pseudo référendum, ça sera du porte-à-porte. Et l'objectif n'est pas de savoir qui est pour ou contre l'annexion. Mais uniquement de recenser les hommes et les enrôler pour en faire de la chair à canon", souligne Sergueï Gaïdaï.

Pourquoi ces référendums arrivent maintenant, après sept mois de guerre? D'après le colonel Michel Goya, spécialiste de l'analyse des conflits, "le principe de ce référendum, c'est de faire de ces territoires, des territoires russes. En changeant de statut, on oblige à changer les règles du jeu de ce conflit".

L'annexion de la Crimée approuvée à 97%

Ces scrutins auront d'ailleurs lieu sans aucun observateur international et avec très peu de bureaux de vote.

Qu'est-ce que ça va changer concrètement? "Ça permet à la Russie de sanctuariser, d'une certaine façon, ces territoires en disant 'maintenant, si vous attaquez ce territoire, vous attaquez la Russie' et si vous attaquez la Russie, c'est déclaration de guerre obligatoire", ajoute Michel Goya. Dans ce cas-là, toutes les forces de la nation seront mobilisées, "pour défendre le sol de la patrie".

En 2014, l'annexion de la Crimée avait soit disant été approuvée à près de 97%, malgré les dénonciations de la communauté internationale.

Cyprien Pezeril (édité par Astrid Bergere)