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Guerre psychologique ou erreur de communication? L'armée israélienne dément finalement être entrée dans Gaza

Daniel Saada, ambassadeur d'Israël en France, était l'invité de RMC ce vendredi matin.

Guerre psychologique ou simple erreur? Après avoir annoncé la présence de ses soldats dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a fait marche arrière vendredi, évoquant un "problème de communication en interne", à l'heure où le bilan de ses frappes dans ce territoire palestinien cette semaine franchit le seuil des 100 morts.

"L'aviation israélienne et des troupes au sol mènent actuellement une attaque dans Gaza", a d'abord écrit l'armée dans un bref message. Interrogé par l'AFP, le porte-parole de l'armée, Jonathan Conricus, a confirmé que des soldats étaient entrés "dans" la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas, sans préciser leur nombre, ni la durée, ni l'étendue de l'opération.

Puis, deux heures plus tard, le porte-parole de l'armée israélienne a émis une "clarification" pour dire "qu'il n'y avait actuellement pas de troupes dans la bande de Gaza".

Interrogé à nouveau, le porte-parole de l'armée a expliqué cet imbroglio apparent par un "problème de communication en interne" et que des troupes bombardaient Gaza mais de l'extérieur du territoire.

Daniel Saada, ambassadeur d'Israël en France, était l'invité d'Apolline de Malherbe, ce vendredi matin. Evoquant le chiffre de 2000 roquettes envoyées depuis Gaza, il expliqué que Tsahal reste "en avant-poste": 

"Nous avons massé une partie de nos troupes à la frontière et nous utilisons nos moyens d'artillerie et de blindés pour essayer de porter atteinte à un réseau de tunnels qui sont utilisés par le Hamas pour transporter des armes et tirer sur nos populations civiles. Je crois que cette erreur vient de là: quand des sources ont vu cette concentration massives des troupes, elles en ont conclu immédiatement de l'entrée de nos soldats dans la bande de Gaza. Ce qui n'est pas le cas en ce moment".

Peu après minuit, des groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza ont tiré un nouveau barrage de roquettes vers le sud d'Israël, limitrophe de l'enclave palestinienne. Tsahal avait massé jeudi chars et véhicules blindés le long du territoire palestinien d'où les troupes israéliennes s'étaient retirées unilatéralement en 2005. Et le ministère de la Défense a donné le feu vert à l'armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.

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La dernière opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, territoire de deux millions d'habitants soumis à un blocus israélien depuis plus de 10 ans, remonte à 2014.

La guerre entre Israël et le Hamas avait alors duré 50 jours et fait au moins 2.251 morts côté palestinien, en majorité des civils, et 74 côté israélien, presque tous des soldats.

Dans la nuit, l'aviation israélienne a poursuivi ses bombardements de sites du Hamas, alors que des centaines d'habitants palestiniens ont dû quitter leurs maisons précipitamment pour fuir les frappes, selon des témoins et des journalistes de l'AFP sur place. Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences, 103 Palestiniens, dont 27 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 580 blessés, selon un dernier bilan du ministère local de la Santé. En Israël, sept personnes, dont un enfant de 6 ans et un soldat, ont péri.

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Le conflit est doublé d'une escalade entre Arabes et Juifs dans plusieurs villes mixtes d'Israël, un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon la police israélienne. Près de 1.000 membres de la police des frontières ont été appelés en renfort dans ces villes, théâtres d'émeutes depuis mardi avec des heurts et des échanges de coups de feu, et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées ces trois derniers jours.

Margaux Bourdin et Xavier Allain