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"Il y a beaucoup de gens en colère ici": à l'approche des élections américaines, Washington craint des émeutes et se barricade

C’est demain mardi que des millions d’Américains sont appelés aux urnes. Ils pourraient être jusqu’à 150 millions à se prononcer pour ce scrutin. En cas de victoire de Trump, Washington craint des émeutes et se barricade.

Le bruit des scies et des perceuses perturbe le calme d'un quartier d’affaires de Washington. José et son équipe d’ouvriers fixent d’énormes panneaux de bois sur la devanture d’un cabinet de conseil: "On protège les façades avec des planches en bois. On a commencé à 6h30 ce matin. On a déjà fait deux bâtiments. L’élection est mardi donc on ne sait pas ce qu’il peut se passer", explique-t-il au micro de RMC.

Autour de la Maison Blanche, les vitrines sont désormais recouvertes par des planches en bois. Angela Allred, caviste, attend qu’une équipe vienne à son tour protéger son commerce:

"Nous ne voulons prendre aucun risque. Il y a beaucoup de marchandise dans ma boutique. Donc si je perds tout, je serai dévastée. On est tellement proche de la Maison Blanche, il y a beaucoup de gens en colère ici. Ils ne savent quoi pour se faire entendre. Ils saccagent pour attirer l’attention, C’est leur seul moyen d’expression".

"Je pense que Donald Trump permettra une transition pacifique"

Au printemps dernier, des manifestants anti-Trump avait déjà vandalisé le centre-ville de la capitale. Mais les autorités redoutent aussi la réaction des soutiens du président en cas de défaite. La politologue Kathryn Depalo Gould estime que s’il est battu largement, Donald Trump n’attisera pas les tensions, contrairement à ce qu’il laisse entendre depuis des semaines.

"Je pense que Donald Trump permettra une transition pacifique. Il utilise cette rhétorique pour des raisons purement électoralistes. Ce qui le préoccupe, ce sont les fraudes potentielles. Et s’il y en a, il fera certainement un recours pour être certains que toutes les voix sont comptabilisées".

Dès cette nuit, le quartier autour de la Maison Blanche sera interdit aux véhicules. La garde nationale se dit prête à se déployer si la situation l’exige.

Caroline Philippe et Nicolas Ropert