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"J’appelle le président Macron à sauver les enfants": les proches de familles de djihadistes Français inquiets de la situation en Syrie

L'offensive turque contre les Kurdes dans le nord de la Syrie a permis à des djihadistes prisonniers dans des camps, de s'enfuir.

L’offensive turque contre les Kurdes se poursuit en Syrie. Depuis six jours, les combats ont déjà fait 160 morts dont au moins 62 civils selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. 130.000 personnes ont également fui précise l’ONU. 

Les autorités kurdes en Syrie ont annoncé dimanche la fuite de 785 proches de djihadistes du groupe Etat Islamique d'un camp dans le nord du pays. Les prisonniers ont profité du chaos sécuritaire pour fuir.

La France est "inquiète" de cette situation, a affirmé dimanche la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, appelant la Turquie à "terminer au plus vite son intervention" contre les Kurdes. Du côté des familles de femmes françaises et d'enfants retenus dans les camps du Nord-Est de la Syrie, c'est l'inquiétude, elles appellent en urgence à rapatrier leurs proches. 

Pascale est inquiète pour sa fille et ses 4 petits-enfants retenus dans le camp d'Al Hol au nord-est de la Syrie. 

"Les Kurdes sont sur les dents. Ma fille pose des questions : ‘qu’est-ce qu’ils disent en France, est ce qu’on va nous rapatrier ?’ Elles sont perdues, elles survivent", affirme-t-elle. 

400 à 450 Français

À 200 km d'Al Hol, le camp d'Aïn Issa d'où se sont échappés 800 proches de djihadistes dont des femmes, et des enfants. Une situation qui inquiète Pascale.

"On ne sait pas comment ça va évoluer. Laisser ces gens s’enfuir... Ils pourraient être pris par les gens de Daech. J’appelle le président Macron à sauver les enfants et mettre les adultes en prison. Ma fille est prête, elle a fait une erreur, elle le paye très cher aujourd’hui", indique-t-elle.

Une crise humanitaire et sécuritaire selon l'avocat de djihadistes Nabil Boudi. Tout comme de nombreux avocats, il avait alerté le gouvernement sur une catastrophe annoncée. "Elle a été répétée de la part des avocats, des familles, des ONG : nous demandons à ce que la France intervienne en urgence", explique-t-il.

Dans ces camps du nord-est de la Syrie, se trouvent 400 à 450 Français, parmi eux des enfants souvent en bas âge ou nés sur place.

Gwladys Laffitte avec Guillaume Descours