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La journaliste dissidente Marina Ovsiannikova a fui la Russie et son assignation à résidence

Marina Ovsiannikova le 15 mars à Moscou, à la sortie de son audience.

Marina Ovsiannikova le 15 mars à Moscou, à la sortie de son audience. - AFP

Marina Ovsiannikova était assignée à résidence en Russie depuis août pour avoir dénoncé l'offensive en Ukraine. Elle a réussi à fuir son pays pour se réfugier en Europe avec sa fille selon son avocate.

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, assignée à résidence pour avoir dénoncé l'offensive russe en Ukraine, a fui la Russie avec sa fille, a indiqué lundi son avocat.

"Ovsiannikova a quitté la Russie avec sa fille quelques heures après avoir quitté l'appartement où elle était assignée à résidence", a indiqué Dmitri Zakhvatov, précisant que mère et fille se trouvent en Europe. "Elles vont bien, elles attendent de pouvoir s'exprimer publiquement, mais pour l'instant ce n'est pas sûr", a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient deux semaines après qu'un avis de recherche à l'encontre de la journaliste de 44 ans a été émis par les autorités russes, laissant entendre qu'elle était en fuite. Inculpée en août pour "diffusion de fausses informations" sur l'armée russe, un crime passible de 10 ans de prison, elle avait été assignée à résidence par un tribunal de Moscou et avait l'interdiction d'utiliser tout moyen de communication.

Mi-mars, quelques jours après le déclenchement de l'offensive en Ukraine, Marina Ovsiannikova avait interrompu le journal télévisé du soir de la grande chaîne russe Pervy Kanal, où elle travaillait comme journaliste depuis près de 20 ans.

Arrêtée de nouveau en juillet

Elle avait agité en plein direct une pancarte appelant à la fin des combats et les Russes à "ne pas croire la propagande".

Pour ce geste, elle avait été brièvement interpellée et avait écopé d'une amende. Elle avait ensuite quitté le pays pour travailler pour le média allemand Die Welt.

En juillet, elle était rentrée en Russie pour essayer de conserver la garde de ses deux enfants mineurs, que son ex-mari, vivant toujours en Russie, essayait de lui prendre. Malgré les risques, elle avait continué à critiquer depuis Moscou le pouvoir et l'offensive, avant d'être à nouveau arrêtée et inculpée pour "diffusion de fausses informations" sur l'armée.

La rédaction avec AFP