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Le chef d'Al-Qaïda tué par un drone américain à Kaboul: "C'est un avertissement aux Talibans"

La mort du numéro d'Al-Qaïda, tué dimanche à Kaboul par une frappe de drone américain, est un "avertissement" pour les Talibans, revenus au pouvoir en Afghanistan en août 2021.

"Ayman al-Zawahiri n'est plus". Joe Biden a annoncé lundi la mort du numéro 1 d'Al-Qaïda, l'Egyptien Ayman al-Zawahiri qui dirigeait l'organisation islamiste depuis la mort d'Oussama Ben Laden en 2011. Il a été tué, visé par un drone alors qu'il se trouvait sur son balcon à Kaboul, où il se cachait depuis plusieurs années.

"C'était le théoricien d'Al-Qaïda et le chef de cette organisation", rappelle ce mardi sur RMC Jean-Charles Jauffret, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, spécialiste de l'Afghanistan. "C'est quelqu'un de discret. Ben Laden à l''honneur' des médias mais l'homme qui est derrière tout ça c'est bien Ayman al-Zawahiri", aux côtés d'Oussama Ben Laden depuis de nombreuses années, à l'époque des attentats du 11 septembre mais aussi de Nairobi au Kenya en 1998.

"Les Talibans ont montré leur duplicité"

Jean-Charles Jauffret explique que Ayman al-Zawahiri "était protégé par les talibans, comme Ben Laden par le Pakistan" et avait déjà échappé à deux frappes de drones, notamment en 2006. "Les Talibans ont montré leur duplicité depuis la chute de Kaboul le 15 août 2021. Ils continuent de tenir un pays exsangue avec une désinvolture en se moquant des relations internationales", ajoute-t-il.

"Al-Qaïda était en sommeil, combattue et concurrencée par Daesh, mais elle n'a jamais disparu d'Afghanistan. Cette frappe est donc un avertissement aux Talibans, pour montrer qu'ils constituent encore une menace pour la sécurité du monde", explique Jean-Charles Jauffret.

Al-Qaïda en déclin

La mort d'Ayman al-Zawahiri est un nouveau coup dur pour Al-Qaïda, "une organisation en très net déclin qui n'a pas la puissance d'antan. "Elle n'a pas les moyens de répliquer même si un attentat n'est pas à exclure. La menace principale c'est l'État islamique", prévient le spécialiste.

La frappe contre Ayman al-Zawahiri est aussi un gain politique pour Joe Biden et les Etats-Unis: "Les États-Unis envoient un message très fort, qu'ils sont de retour. Joe Biden veut effacer ce qui a été pire que l'humiliation de 1975 et l'évacuation de Saïgon, c'est le départ et la défaite d'Afghanistan".

Guillaume Dussourt