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"On lui a refusé des visas mais elle a décidé d'y retourner": pourquoi l'ex-otage Sophie Pétronin est retournée au Mali dans le plus grand secret?

Otage pendant 4 ans d'un groupe djihadiste après son enlèvement dans le nord du Mali, la Française Sophie Pétronin est de retour dans le pays du Sahel depuis mars dernier.

L’ex-otage Sophie Pétronin est de retour au Mali depuis mars 2021, pays où elle est restée quatre ans prisonnière avant sa libération il y a un an en échange de 200 djihadistes. Cela fait huit mois que l'humanitaire de 76 ans vit de nouveau au Mali en totale discrétion. Alors que les autorités maliennes refusaient de lui délivrer un visa, elle atterrit au Sénégal avant de se rendre par la route, en bus au Mali, selon les informations de BFMTV. Elle fait désormais l’objet d’un avis de recherche par les autorités maliennes.

Dans un message diffusé vendredi dernier à ses unités, la direction générale de la gendarmerie malienne appelle à "rechercher très activement" Sophie Pétronin. "En cas de découverte", les unités ont été sommées de "l'appréhender et la conduire sous bonne escorte".

Mais pourquoi être revenue après y avoir passé près de 4 ans en captivité ? Sophie Pétronin voulait retrouver le pays où elle avait vécu 20 ans de sa vie, mais surtout elle voulait absolument rejoindre sa fille adoptive restée au Mali.

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"Sophie Pétronin, en revenant, prend des risques"

"Elle a compris que le retour dans le nord du Mali était impossible et en accord avec son fils elle est restée à Bamako. Elle a une fille adoptive qu’elle a adoptée et éduquée ces 20 dernières années. Une fois en France on lui a refusé des visas pour retourner au Mali. Mais elle a décidé d’y retourner", explique à RMC Anthony Fouchard, journaliste proche de la famille et ancien correspondant au Mali.

"Au moment de sa libération elle avait presque laissé entendre qu'elle allait retourner au Mali pour aider des enfants parce que ça donnait du sens à sa vie", rappelle Seidik Abba, journaliste et écrivain spécialiste du Sahel. "Il est clair que Sophie Pétronin, en revenant, prend des risques. Il y a des risques d'attentats, d'enlèvement. Est-ce que le pouvoir malien aurait dû accepter de payer une rançon et de libérer 200 jihadistes? Tout ça pour ça?", interroge-t-il.

Pour l'instant, il semble qu'elle ait l'intention d'y rester, malgré l’inquiétude des autorités françaises et de sa famille qui redoute qu’elle soit de nouveau prise en otage.

Sophie Pétronin était présente au Mali depuis 16 ans lors de son rapt en décembre 2016. Un enlèvement revendiqué par le Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM), affilié à al-Qaida. Trois autres otages, 2 Italiens et un homme politique malien avaient également été relâchés avec elle.

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Maxime Levy (avec Guillaume Dussourt)