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Pénaliser l'antisionisme: "À mort Israël, en vérité, ça veut dire à mort les Juifs"

Un groupe de députés demande à ce que l'antisionisme soit pénalisé au même titre que l'antisémitisme. Emmanuel Macron s'est dit pas favorable à cette idée ce mardi.

Les actes antisémites ont explosé en France en 2018. Pour remédier à cette hausse, un groupe d’étude à l’Assemblée nationale propose de pénaliser l’antisionisme au même titre que l’antisémitisme.

Ces quelque 40 élus doivent se rassembler mardi en fin de journée pour déposer une proposition de loi. C’est Sylvain Maillard, député LREM, qui préside le groupe d’étude de l’Assemblée.

"L’antisémitisme moderne, au XXIe siècle, inclus, selon nous, l’antisionisme. Ça veut dire que l’antisionisme, c’est dénigrer le droit d’existence d’Israël. C’est comme si on remettait en cause l’existence de l’État allemand. À mort Israël en vérité ça veut dire à mort les Juifs. Et donc il faut qu’on soit très clair sur la définition de l’antisémitisme parce que si on n’est pas clair, on arrive pas à le combattre comme c’est le cas aujourd’hui", estime le député. 

Macron pas favorable 

Cependant pour certains, si l’antisémitisme est bel et bien un acte raciste, un délit condamnable, l’antisionisme est plutôt une opinion. C’est notamment ce que pense l’historien et écrivain Dominique Vidal, auteur de l’essai Antisionisme = antisémitisme

"L’antisionisme est une idée dans le débat d’idée. On peut l’approuver, on peut la refuser, mais ça fait parti du débat démocratique. Ce serait une censure dans un pays qui deviendrait totalitaire. Moi, je ne souhaite pas que mon pays devienne totalitaire à cause de crétins racistes qui ont insulté Alain Finkielkraut. Je souhaite qu’on les punisse eux, pas le pays", explique-t-il. 

Emmanuel Macron a lui annoncé qu’il n’était pas favorable à la pénalisation de l’antisionisme ce mardi. "Je ne pense pas que pénaliser l'antisionisme soit une solution", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue géorgienne, Salomé Zourabichvili.

Margaux Bédé avec Guillaume Descours