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Présidence de la France à l'Union européenne: ce qu'il faut retenir de la conférence de presse d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron le 9 décembre à l'Elysée

Emmanuel Macron le 9 décembre à l'Elysée - Ludovic MARIN / POOL / AFP

À quelques semaines du début de la présidence de la France au conseil de l'Union européenne, Emmanuel Macron a plaidé pour un renforcement de la protection des frontières européennes et a appelé à une refonte du cadre budgétaire.

La France doit prendre la présidence du conseil de l'Union européenne le 1er janvier pour une durée de six mois. À ce titre le président de la République Emmanuel Macron a plaidé pour "une Europe puissante dans le monde" et "libre dans ses choix", lors d'une conférence de presse depuis le palais de l'Elysée ce jeudi.

  • Une nouvelle pièce de 2 euros

En préambule, Clément Beaune le secrétaire d’Etat aux affaires européennes a présenté une nouvelle pièce de 2 euros, prochainement frappée par la France et en circulation dès le 1er janvier.

"C'est la première fois depuis l'entrée en fonction dans le portefeuille des Français et des Européens des pièces en euro que, en France, nous changeons le dessin de cette pièce", a déclaré Clément Beaune.

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  • Un sommet exceptionnel à un mois de la présidentielle

Emmanuel Macron a annoncé la tenue d'un "sommet exceptionnel" des 27 pays membres de l'Union européenne en France, les 10 et 11 mars, à un mois seulement de l'élection présidentielle.

  • Protection des frontières européennes

Le chef de l'Etat a plaidé souhaité pour une Europe capable "de protéger ses frontières" face aux crises migratoires, notamment avec réforme de l'espace Schengen.

"Protéger nos frontières est une condition indispensable, à la fois pour assurer la sécurité des Européens, pour relever le défi migratoire et éviter les drames que nous avons vécus", a expliqué le président français.

Emmanuel Macron souhaite la "mise en place d'un pilotage politique de Schengen", à travers des réunions régulières des ministres européens en charge de ces questions, ainsi que des mécanismes de soutien solidaire en cas de crise à la frontière d'un Etat membre, alors que la situation est tendue à la frontière polonaise et biélorusse.

  • "Une Europe puissante dans le monde"

L'objectif de la présidence française de l'UE, qui débute le 1er janvier, est de "passer à une Europe puissante dans le monde, pleinement souveraine, libre de ses choix et maître de son destin".

  • Coopération renforcée avec l'Afrique

Emmanuel Macron a annoncé a promis un renforcement de la coopération entre l'UE et l'Afrique plaidant pour un "new deal" économique et financier, en faisant valoir que "l'Europe doit dans les instances internationales porter une stratégie commune avec l'Afrique", ou le déploiement d'"un agenda en matière d'éducation, de santé et de climat".

À ce titre, le président de la République a annoncé la tenue d'un sommet entre l'Union africaine et l'Union européenne à Bruxelles en février.

Au passage, il en a profité pour évoquer une européanisation de la sécurité au Sahel où la France et quelques contingents européens sont engagés dans la lutte contre le terrorisme.

  • Écologie

Sur le volet écologique, le président de la République a indiqué vouloir faire "avancer les négociations sur la mise en place d'un instrument européen de lutte contre la déforestation importée". Cet instrument "visera à interdire l'importation dans l'Union européenne de soja, bœuf, huile de palme, bois, cacao, café, quand ils contribuent à la déforestation" dans leurs pays de production.

  • Refonte du budget

Emmanuel Macron a proposé de "repenser le cadre budgétaire" de l'Europe jusqu'ici défini par les critères de Maastricht, afin d'"acter le besoin d'investissements nouveaux" post-Covid. Avec la crise sanitaire, "nous avons mis entre parenthèse l'application de nos règles budgétaires", a-t-il dit. "Nous devrons revenir à des règles qui seules permettent la convergence de nos économies", "mais nous ne pouvons pas faire comme si rien ne s'était passé" et "revenir au cadre budgétaire créé au début des années 90".

Le président de la République a également plaidé pour une réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

  • Un service civique européen

Le président de la République a annoncé vouloir "la mise en œuvre concrète et véritable" d'un "service civique européen" de six mois pour les moins de 25 ans, après avoir déjà élargi le programme Erasmus "aux apprentis" et "doublé le nombre de bénéficiaires".

"Allons plus loin et réfléchissons à un service civique européen de six mois ouvert à tous les jeunes de moins de 25 ans pour un échange universitaire ou d'apprentissage, un stage ou une action associative", a-t-il souhaité.

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La rédaction avec AFP