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Présidentielle au Brésil: "Si Bolsonaro passe, notre démocratie n'existera plus"

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C'est ce dimanche que les Brésiliens votent pour le second tour de la présidentielle. 147 millions d'électeurs sont appelés aux bureaux de vote qui ouvriront à partir de 13 heures, heure de Paris et 8 heures, heure locale.

Après trois semaines d'une campagne de deuxième tour sous haute tension, entachée de violences et d'insultes, les deux prétendants à la fonction suprême ont tenté ce samedi d'arracher les derniers suffrages. Jair Bolsonaro sur internet, son adversaire de gauche, Fernando Haddad, dans une favela de Sao Paulo.

Le favori est un ancien officier militaire. Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême-droite se présente comme antisystème et anti-corruption. Jair Bolsonaro est aussi ouvertement nostalgique de la période du régime de la dictature militaire qu'a connu le Brésil de 1964 à 1985. 

Il a recueilli 46% des voix contre 29% pour Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs, le parti de Lula. Mais ces derniers jours, l'écart semble se réduire. Il était de 12 points selon un sondage rendu public jeudi soir.

"Ça fait peur pour le Brésil et pour le futur"

Un certain nombre de Brésiliens s'inquiètent de l'arrivée possible de l'extrême-droite au pouvoir. C'est le cas de ces Brésiliens que RMC a rencontré à Paris lors d'un rassemblement en faveur du candidat de gauche, ce samedi après-midi.

Ils sont une cinquantaine, des drapeaux du Brésil ou une affiche anti-Bolsonaro à la main. Parmi eux, Vanessa et sa maman Margarida, deux franco-brésiliennes inquiètent pour l'avenir de leur pays.

"Il avait dit qu’il préférait tuer son fils plutôt qu’il soit homosexuel. Ça fait peur pour le Brésil et pour le futur. Si Bolsonaro passe, notre démocratie n’existera plus avec lui. Parce que lui c’est l’extrême droite donc si il passe, ça va être encore pire".

"Il y a des contre-pouvoirs au Brésil qui sont forts"

S'il est proche des militaires, Bolsonaro n'a pourtant rien d'un dictateur en puissance, nuance Francois-Michel Le Tourneau, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Brésil.

"Ce qu’il faut voir c’est qu’il y a des contre-pouvoirs au Brésil qui sont forts. Il y a quand même la Constitution, une justice électorale, un Parlement. En l’état actuel des choses, le Brésil élit un Président certes, contestable mais sur une base démocratique".

La victoire de l'extrême-droite serait une première dans un pays gouverné par la social-démocratie et la gauche depuis 25 ans.

Nicolas Ropert (avec C.P.)