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"Routes d'Europe": face à la propagande de Viktor Orban contre l'Europe, le village de Kübekhaza fait de la résistance

Dans ce village du sud de la Hongrie, le drapeau européen est partout et les cultures des différents peuples européens se mélangent.

C’est la principale ennemie de Viktor Orban: l’Europe. Les institutions européennes sont la cible des d’une campagne de dénigrement permanente du Premier ministre hongrois. Pourtant, tous dans le pays ne sont pas de son avis. C’est notamment le cas dans le village de Kübekhasa, dans le sud du pays, où les quelque 1500 habitants veulent encore croire au rêve européen. 

Au milieu des champs, en pleine campagne hongroise, un drapeau européen flotte au vent. À mesure qu’on entre dans le village, il y en a même des dizaines, tout le long de la rue principale.

"J’aime ma patrie. Je suis Hongrois, mais je suis aussi européen, ça fait partie de mon identité. Je suis Hongrois, mais je suis aussi Européen, ça fait partie de mon identité. Pour nous faire partie de l’Europe, c’est très important", explique Robert Molnar, le maire de Kübhekaza.

Juste à côté, dans le café du village, le menu est écrit en plusieurs langues: allemand, italien, espagnol. "Moi, je me sens européen, je suis pro-européen. Tous les Hongrois ne sont pas comme ça parce qu’ils sont sous les effets de la propagande. L’ennemi numéro un, c’est Junker, c’est Bruxelles. Ils répètent ce qu’ils entendent à la télévision ou ce que dit la propagande. Moi personnellement, j’en ai marre. L’Europe est une chance, notre futur doit être l’Europe", affirme Giörgy, un habitant qui parle français couramment. 

Un mur de 175 kilomètres

Une Europe unie, fraternelle qui est aujourd’hui menacée. Il suffit de prendre la voiture pour s’en rendre compte.

"Regardez là-bas, on voit la clôture, elle s’étend sur 175 kilomètres. Le gouvernement l’a construite pour protéger l’Europe des migrants. Aujourd’hui, la Hongrie est un pays triste. Cette clôture nous enferme et c’est très dangereux. Mais au fond, je vous assure, la société hongroise croit en l’Europe", reprend Robert Molnar. 

Dans trois semaines, il organisera une grande fête de l’Europe avec ses voisins serbes et roumains. Une fête qu’il tente de perpétuer coûte que coûte chaque année malgré les attaques répétées de Viktor Orban contre l’Europe. 

Marie Monier et Juliette Droz avec Guillaume Descours