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Ségolène Royal met en doute des crime de guerre en Ukraine: "C'est idiot et dangereux"

Ségolène Royal a mis en doute ce jeudi des crimes de guerre commis en Ukraine, taclant au passage le président ukrainien Volodymyr Zelensky, évoquant une "propagande de guerre par la peur". Pour l'ex-candidate à la présidentielle, cette "propagande" empêcherait le processus de paix.

L’ancienne ambassadrice pour les pôles arctique et antarctique revient en force sur la scène médiatique. Jeudi, sur BFMTV, Ségolène Royal a provoqué un tollé en mettant en doute certains crimes de guerre commis en Ukraine, en estimant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky en jouait pour faire de la propagande

"Il y a une propagande de guerre par la peur. Quand Zelensky dit que les soldats ukrainiens sont torturés, ça remobilise les troupes. Cela empêche les processus de paix", a-t-elle estimé.

Pour illustrer cette propagande ukrainienne, Ségolène Royal a évoqué les bombardements de maternité mis en avant par l’Ukraine, assurant qu’il n’y avait pas d’images. "Vous pensez bien que s'il y avait la moindre victime, le moindre bébé avec du sang, à l'heure des téléphones portables, on les aurait eues", a martelé la candidate malheureuse aux élections sénatoriales en 2021.

Une maternité a bien été bombardée à Marioupol

Une maternité avait pourtant bien été bombardée en mars dernier, quelques jours après le début de l’invasion russe de l’Ukraine.

A Marioupol, ville aujourd’hui détruite à 80% après d’intenses combats, trois personnes dont une fillette avaient été tuées lors du bombardement d’un hôpital pédiatrique et d’une maternité. Un acte qui avait à l’époque indigné le monde entier. Emmanuel Macron avait évoqué "un acte de guerre indigne".

Et des images, il y en a eu. Une femme enceinte avait été filmée gravement blessée sur un brancard, se faisant évacuer de la maternité. Elle était morte quelques heures plus tard.

"Faux patriotes, authentiques collabos"

La sortie de Ségolène Royal a provoqué un tollé dans son propre camp. Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a dénoncé les propos de l'ancienne ministre de l'Environnement: "Les crimes de guerre sont documentés. Le nier est une insulte aux assassinés, aux violées, aux torturés", a-t-il assuré sur Twitter. L'eurodéputé Raphaël Glucksmann a évoqué les "faux patriotes, authentiques collabos" après avoir taclé le "naufrage total" de Ségolène Royal.

"Dans cette histoire, il y a des agresseurs et des agressés"

"Ça sonne comme une voix dissonante dans le 'mainstream' général. Il y a une propagande russe qu’il faut dénoncer, les horreurs de Poutine, on les connait et on ne peut pas les nier, mais les mensonges de la propagande de Volodymyr Zelensky, c’est bien de commencer à les entendre", a lancé l'ex-enseignante Barbara Lefebvre dans "Les Grandes Gueules" sur RMC. "Trop de comm, tue la comm. Zelensky, à l’origine, c’est un acteur. Que Zelensky en fait trop, c’est un fait", a abondé l'entrepreneur Mehdi Ghezzar.

Mais pour l'éducateur Etienne Liebig, les propos de Ségolène Royal sont dangereux: "C'est idiot et dangereux de sa part. Ce qu’elle arrive à faire, c’est renvoyer dos à dos l’Ukraine et la Russie et à la fin, on a l’impression que c’est l’Ukraine qui a envahi la Russie. Il faut rappeler que dans cette histoire, il y a des agresseurs et des agressés", a-t-il assuré, très remonté.

Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fait de la communication l'une de ses armes dans la lutte contre Vladimir Poutine. Sans relâche, il profite de son exposition pour remobiliser ses troupes, appeller la communauté internationale à l'aide et dénoncer les crimes de guerre de la Russie.

G.D.