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"Je me souviens de ma mère éclater en sanglots en me disant que mon père était mort": l'émotion du fils du commandant du sous-marin "La Minerve" retrouvé 51 ans après

TÉMOIGNAGE RMC - Un demi-siècle après le drame, l'épave du sous-marin a été retrouvée dimanche au large de Toulon. Un "soulagement" pour les familles des marins. Hervé Fauve, le fils du commandant du bâtiment, était l'invité de RMC.

L'épave a finalement été retrouvée à 45 km des côtes, reposant à 2.370 m de fond, brisée en trois morceaux. Le sous-marin français La Minerve, disparu en 1968 avec 52 hommes à bord, a été retrouvée au large de Toulon, a annoncé lundi la ministre des Armées Florence Parly, après la reprise des recherches, 51 ans après le drame. 

Le 27 janvier 1968, l'engin et ses 52 marins à bord étaient partis quelques jours pour un entraînement, avant de disparaître mystérieusement. Les membres d'équipages avaient envoyé un message à l'avion qui les escortait pour dire qu'ils arrivaient dans une heure à peu près. C'est le dernier signe de vie de La Minerve. Il n'aurait fallu que trois minutes au sous-marin pour couler.

"C'était une cause désespérée"

Il y a un mois, RMC vous faisait partager l'émotion d'Hervé Fauve: il est le fils du commandant André Fauve, commandant du vaisseau. Il n'avait alors que 5 ans lors du drame.

Depuis la découverte de l'épave, lundi, ce dernier, aujourd'hui âge de 56 ans, confie son soulagement. Au micro d'Apolline de Malherbe, il se confie:

"Je suis soulagé. C'était quelque chose que j'attendais, comme les autres familles depuis 51 ans. Depuis cette date, nous avions jamais eu d'information sur l'épave malgré les recherches entre 1968 et 1970. Nous attendions. Pour nous, c'était une cause désespérée, plus personne ne s'y intéressait. Et là, ça a été un immense soulagement de pouvoir amener la ministre à reprendre les recherches". 

"Deux officiers ont sonné à la porte"

Si le sous-marin ne sera pas renfloué, comme l'a précisé le préfet maritime, vice-amiral d'escadre Charles-Henri du Ché car il s'agit désormais d'un "sanctuaire maritime", les souvenirs d'Hervé Faure ressurgissent: 

"J'avais 5 ans et demi lors de l'accident. Je me souviens parfaitement de ce jour-là. Il faisait très beau. Deux officiers ont sonné à la porte, se sont présentés à ma mère et ont demandé à lui parler. Et puis j'ai vu ma mère s'écrouler en sanglots sur le canapé du salon et m'annoncer immédiatement que mon père était mort. Il a fallu vivre avec cela pour les 52 familles de marins". 

Une première photo montre clairement les lettres "MIN" peintes en rouge sur le kiosque du sous-marin, ainsi que la lettre S, début de la numérotation de la Minerve, "S 647", ce qui ne laisse aucun doute sur le fait qu'il s'agit bien de ce navire. Mais les raisons du drame sont toujours inconnues. Avarie des deux barres arrière, collision avec un bateau, explosion d'un missile, d'une torpille, accident du tube d'aération: de multiples causes avaient été avancées pour expliquer l'accident.

"Depuis, on ne sait pas ce qui s'est passé. Nous avons des indices sur la tragédie. On pense qu'il y a eu une avarie par arrière, c'est à dire que le gouvernail qui dirige le sous-marin a eu un problème et a piqué vers le fond. Pour des raisons inconnues, l'équipage n'a pas pu corriger cette défaillance. Le sous-marin a fini par imploser" a-t-il expliqué sur RMC.

Une cérémonie, dont la date n'a pas encore été fixée, sera célébrée sur les lieux de la disparition en présence des familles, "dans les semaines ou les mois qui viennent", a précisé le préfet maritime. L'occasion de dire "un dernier adieu" aux disparus, selon Hervé Fauve.

Xavier Allain