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Jugé car il refuse de vacciner son fils: "On m'a dit que je souhaitais la mort de mon enfant"

TEMOIGNAGE - Ce lundi, un père de famille comparaît devant le tribunal correctionnel de Strasbourg parce qu'il refuse de faire injecter à son fils de 20 mois les vaccins obligatoires (DT Polio). Il argue notamment que ce vaccin est uniquement disponible en addition à d'autres vaccins, qu'il refuse.

Devant le tribunal pour un refus de vaccination. Un couple comparaît devant le tribunal correctionnel de Strasbourg ce lundi car, en mai dernier, ils ont refusé de faire vacciner leur petit garçon Pierre, alors âgé de 17 mois, contre la diphtérie tétanos polio (le DT Polio). Il s'agit du seul vaccin obligatoire en France mais la famille se méfie de sa composition, qui contient de l'aluminium.

La mère, Adelaïde, militaire, partie en mission au Gabon, ne sera pas présente au tribunal car l'armée ne lui en n'a pas donné la permission. De plus, elle n'a pas vu Pierre depuis six mois car la justice a refusé que son mari et son fils ne la rejoigne après un signalement au procureur. Mickaël, le père, désemparé, dénonce donc un acharnement de la justice et du corps médical.

"On ne nous donne aucune information"

En effet, depuis six mois, il a vu défiler des médecins, des pédiatres, des puéricultrices… Et tous ont voulu le convaincre de faire vacciner son fils. "On vous fait peur, on vous culpabilise, on vous fait des chantages, des menaces pour que vous cédiez, regrette-t-il. Mais, moi, je n'ai eu aucune explication scientifique". Et d'ajouter: "Normalement, le médecin est tenu au devoir d'information. Nous, on n'a pas eu d'informations, on a eu que des pressions".

"On m'a dit que je souhaitais la mort de mon enfant. On m'a dit que c'était à cause de gens comme nous que des épidémies revenaient", confie-t-il encore. Mais ce que Mickaël déplore le plus c'est que personne n'a accepté de l'écouter lorsqu'il évoquait les risques du DTPolio. "On ne nous donne aucune information: ni la composition, ni la fabrication. Ce n'est pas une relation de confiance avec le médecin".

"Comme des terroristes"

Et ce père de famille de revenir sur ses problèmes avec la justice: "Nous avons été convoqués à la brigade des mineurs, chacun dans une salle différente. Comme des terroristes… On est jugés comme si on était des irresponsables. On nous accuse de maltraitance". Et cela a des conséquences: "On est séparés. Cela a déchiré notre vie de famille… On se sent seul. Qu'est-ce qu'on doit faire?"

Mais pour le pédiatre Daniel Floret ce père est irresponsable car, selon lui, la vaccination est une question de santé publique: "Cela a intérêt individuel mais également collectif car une baisse de la couverture vaccinale pourrait entraîner la réapparition de maladies qui ont quasiment disparu". A noter qu'Adelaïde et Mickaël ne sont pas les seuls parents à douter: en 2015, selon un sondage Odoxa pour la Mutuelle nationale des Hospitaliers, plus d'un quart des Français pensent que les risques des vaccins sont supérieurs à leurs bénéfices.

Maxime Ricard avec Anaïs Denet