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Les "coffee shops" sont-ils dans l'illégalité?

De plus en plus d’établissements vendant des dérivés du cannabis s’ouvrent dans la capitale. Tous affirment être en légalité avec la loi qui n’est pourtant pas très clair sur le sujet. La ministre de la Santé quant à elle, dit vouloir mettre un terme à cette vente.

Depuis quelques semaines, on voit fleurir en France des établissements comparables à des "coffee shops" et vendant des produits à base de CBD, un composé du cannabis qui, à la différence du THC n’a pas d’effet euphorisant et n’est pas prohibé.

A la question de savoir si sa vente est légale pour autant: "zone grise", répond la ministre de la Santé qui veut éclaircir le droit et qui estime que dans quelques mois, ces établissements auront fermés.

"Chaque jour, des malades viennent avec différentes maladies, sclérose en plaques, arthrite, cancers"

Thomas Traoré a ouvert une boutique il y a quelques jours. Dans ses rayons, des produits à base de cannabidiol, le CBD, un composant dérivé du cannabis sans effet psychotrope et à consommer en infusion.

"Chez moi, il n’y a pas d’accessoires à fumer, pas de feuilles, de bangs ou de chicha. On s’adresse vraiment à une clientèle mûre. Même si je ne me considère par du tout comme un pharmacien, chaque jour, des malades viennent avec différentes maladies, sclérose en plaques, arthrite, cancers et qui sont justes ravis de pouvoir enfin trouver du CBD pour pouvoir soulager certaines douleurs".

Thomas affirme qu'il respecte la réglementation comme tous les autres gérants de ces nouvelles boutiques. Sauf que la législation est ambiguë. Dans la plante, qui est à l'origine du produit, il peut y avoir jusqu'à 0,2% de THC la substance illégale du cannabis. Mais les produits en vente, les produits finis ne doivent contenir aucune trace.

"Il y a un risque de contournement de la loi"

Fréderic Péchenard, vice-président du Conseil Régional d'Ile de France demande des contrôles pour s'en assurer.

"Il y a un risque de contournement de la loi. Ce que je souhaite, c’est que la brigade des stupéfiants de Paris puisse enquêter et investiguer. Soit, ces coffee shops ont réussi à trouver une niche qui les rend parfaitement légaux soit, au contraire, on va s’apercevoir qu’il y a un contournement de la loi et à ce moment-là, je pense qu’il faut les faire fermer".

D'autant que certaines boutiques feraient aussi de la publicité illégale autour des vertus du cannabis.

Bourdin Direct (avec C.P.)