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Meurtre de la joggeuse de Bouloc: les jurés vont trancher ce vendredi

Les jurés de la cour d'assises de Haute-Garonne vont devoir trancher vendredi sur la culpabilité de Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon, entre les convictions d'une famille meurtrie et les réquisitions d'acquittement.

Laurent Dejean a-t-il tué Patricia Bouchon? Les jurés de la cour d'assises de Haute-Garonne vont devoir trancher ce vendredi. Jeudi, au terme de 11 jours de procès, l'avocat général David Sénat a longuement requis, avec pédagogie et fermeté, l'acquittement : "Il est possible que Laurent Dejean soit coupable mais les preuves font défaut".

L’avocat général parle d’un "dossier vide", d’un seul témoignage qui a permis d’élaborer le portrait-robot, mais selon lui, "ce témoignage est fragile". L’avocat général rappelle aussi qu’il n’y a pas d’ADN de Laurent Dejean sur le corps de la victime. Il conclut: "Il n’y a pas de preuves, il n’y a pas de certitudes, il faut donc l’acquitter".

"Acquittement", c’est le mot qui fait peur à la famille de Patricia Bouchon. Pourtant, les deux avocats de la famille et partie civile, sont convaincus que Laurent Dejean est le coupable, il est malade, il est schizophrène, disent-ils, il a effacé le meurtre de sa mémoire, à cause de sa maladie. Et ils ajoutent : "Il y a chez lui un déni face au crime ".

Un schizophrène qui consommait de la drogue

Me Baro ainsi rappelé, l'étrange déclaration de Laurent Dejean aux gendarmes, affirmant avoir aperçu une tâche de sang depuis la route en se rendant à son travail alors même que "la scène de crime n'avait pas été découverte". Autre déclaration troublante, l'accusé avait affirmé qu'il manquait "deux galets" sur la scène de crime, et que ces galets "pouvaient être l'arme du crime".

Me Julliard a plaidé la dangerosité de l'accusé qui consommait du cannabis et de la cocaïne, "accélérateurs de sa maladie", une schizophrénie paranoïde selon les termes de l'expert psychiatre.

Jean-Wilfrid Forquès avec Paulina Benavente