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Où en sont les 70 Marseillais contraints de vivre dans des conteneurs de 11m²?

Contraints de vivre dans des conteneurs de 11 mètres carré à Marseille, ces résidents ont reçu l'aide du bailleur. Mais ce n'est pas encore suffisant pour tout le monde.

Contraints de vivre dans des conteneurs de 11 mètres carré, certains sans fenêtre, près de 70 Marseillais attendaient une solution de relogement. Vite.

"Je ne me sens pas bien, je travaille tous les jours et quand je rentre ici c'est tout petit, je me sens très mal", confiait la semaine dernière Sami, agent de sécurité, au micro de RMC. À côté, son voisin Ali, déplorait l’humidité qui le rend malade depuis des mois. "Je ne respire plus dans cette caravane mal aérée", soufflait-il.

Dans l’attente de la fin des travaux de réhabilitation de leur immeuble, ces résidents ont été logés dans ces habitats temporaires. Problème : le chantier doit s’achever en février 2022, soit d’ici au moins neuf mois.

Interrogé par RMC, le bailleur François Debelle, directeur général d’Adoma, s’était alors engagé à proposer rapidement des solutions aux locataires.

Qu’en est-il maintenant ?

Sur la trentaine de locataires au rez-de-chaussée, seuls 4 d’entre eux ont accepté la proposition du bailleur. Mais pas Sami. "Ils m’ont proposé des studios dans le 8e, le 10e et même le 3e arrondissement de Marseille", raconte-t-il. L'agent de sécurité a préféré trouver un nouveau logement social par ses propres moyens.

Dans son conteneur, Ahmed ne décolère pas non plus. Lui aussi a décliné l’offre d’Adoma qui ne lui convient pas : il ne veut pas d’une chambre avec des parties communes, alors qu’il souffre d'un cancer.

"Je ne pense pas qu’une personne puisse partager des toilettes avec d’autres personnes. Je suis très malade donc je dois rester vigilant sur la propreté", pointe-t-il.

Pour sa part, François Debelle assure "faire au mieux".

"On a 4 résidents qui veulent déménager, 12 qui ne veulent pas. On a 16 autres qui sont actuellement absents et on a trois modulaires vides, liste-t-il. On aussi pris la décision pour ceux qui resteraient dans ces modulaires jusqu’à fin février, de leur facturer la moitié de ce qu’on leur facturait jusqu’à maintenant."

Soit 193,5 € par mois contre 387 € habituellement. Et pour améliorer le quotidien des résidents Adoma, le bailleur a organisé une opération de désinfection et fait installé 80 pièges à rats.

Clémence Fournival (avec LC)