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Palmyre en ruines: "l'éducation de Daesh, c'est apprendre à détester les autres"

Après la reconquête de Palmyre, les soldats syriens ont retrouvé de nombreuses traces des jihadistes. Notre envoyée spéciale Marie Régnier était sur place.

Ce qu’il reste de l’Etat islamique à Palmyre, ce sont avant tout ces mines. Les soldats syriens, aidés par les démineurs russes, s'attèlent à la lourde tâche de nettoyer la ville minée par les jihadistes avant leur débâcle face à l'armée syrienne il y a plus de 10 jours. Ils en ont déjà neutralisé plus de 1.500.

"Rien qu’ici ils en avaient mis 13. C’est simple, il y en avait à l’entrée de chaque rue, pour empêcher l’avancée des soldats. Parfois, on réussit à les neutraliser, sinon, on est obligé de les faire sauter", explique un colonel syrien. A Palmyre, les jihadistes auraient été plusieurs milliers selon ce colonel syrien.

Une véritable organisation. Le musée est devenu un tribunal. Un atelier a été reconverti en usine à fabriquer des drapeaux de Daesh. L’amphithéâtre romain s'était transformé en lieu d’exécution : "Ici, là, sur la scène, ils ont aligné une vingtaine de soldats syriens. Et ils les ont égorgés. Devant tous les habitants qui étaient rassemblés dans les gradins", se remémore-t-il.

"Sur les livres, ils ont effacé les visages des personnages"

Des mises en scène macabres, devenues la marque de l’Etat islamique. Et que le groupe entend bien enseigner aux enfants dès le plus jeune âge. Les soldats nous emmènent dans une école, où ils ont retrouvé des livres… retouchés: "Ce sont les livres imprimés par Daesh. Sur les dessins, ils ont effacé les visages des personnages. Parce que c’est interdit pour eux. Sur ce livre de science, ils apprennent aussi à faire le jihad. Il est écrit : la nourriture c’est important, pour grandir, pour prier, et pour aller faire le jihad".

Sur les murs de la classe, les drapeaux noirs de Daesh, dessinés par les enfants. "On leur apprenait comment le faire, et s’ils en dessinaient, ils étaient félicités. En fait, l’éducation de Daesh, c’est simple, c’est apprendre à détester les autres, détester tous ceux qui ne sont pas de la même religion, dès le plus jeune âge", constate-t-il.

A l’écart de la ville, l’armée a découvert un charnier. Une quarantaine de corps, certains décapités. Hommes, femmes, enfants. Pendant les 10 mois où il a contrôlé Palmyre, l’Etat islamique aurait exécuté près de 300 personnes.

la rédaction avec Marie Régnier