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Pas de 2ème dose AstraZeneca pour les moins de 55 ans: qu'est-ce que le "prime boost hétérologue"?

Concrètement, une personne de moins de 55 ans vaccinée avec l'AstraZeneca aura un rappel avec un vaccin à ARN messager, soit celui de Pfizer\/BioNTech, soit celui de Moderna. Mais n'est-ce pas dangereux?

Mélanger pour mieux soigner?

 Les moins de 55 ans ayant déjà été vaccinés avec une première dose d'AstraZeneca se verront proposer un vaccin différent pour la 2e dose, ont annoncé vendredi les autorités de santé, au moment où l'exécutif espère freiner la troisième vague de l'épidémie de Covid-19.

La Haute autorité de santé , a officialisé vendredi matin cette nouvelle règle, jugée "totalement logique" par le ministre de la Santé Olivier Véran pour les plus de 500.000 personnes concernées, dont il fait lui-même partie, puisqu'il avait reçu sa première injection début février en tant que professionnel de santé. Concrètement, une personne de moins de 55 ans vaccinée avec l'AstraZeneca aura un rappel avec un vaccin à ARN messager, soit celui de Pfizer/BioNTech, soit celui de Moderna, a indiqué la HAS.

Pour les autorités sanitaires, il s'agit de résoudre un nouveau casse-tête provoqué par le vaccin du laboratoire anglo-suédois, dont le parcours chaotique est lié notamment au risque de thromboses (caillots sanguins) atypiques qu'il provoque de manière exceptionnelle.

Le 2 février, juste après son autorisation, il est d'abord réservé aux moins de 65 ans en France, faute de données sur son efficacité chez les plus âgés. Un mois plus tard, son utilisation est élargie aux seniors.

Pas de risque à mélanger des vaccins

Reste une question: mélanger des vaccins n'est-il pas dangereux? Et la réponse est clair: il n'y a pas de risque a priori à mêler les deux vaccins au contraire. Le but n’est pas de mélanger les vaccins, mais de les faire de façon successive. 

C'est ce qu'on appelle du “prime boost hétérologue”, stratégie connue déjà largement et utilisée dans le passé avec des vaccins contre Ebola ou le VIH.

C'est un peu un "super vaccin", plus fort en terme de durée de vaccination et plus fort en terme d'efficacité de la réponse immunitaire, comme si les faiblesses de l'un étaient compensées par les forces de l'autre. 

Les deux vaccins stimulent le système immunitaire de différentes manières et peuvent donc mieux concentrer l'attention de nos cellules immunitaires sur la bonne cible à atteindre.

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Des recherches étaient déjà en cours pour combiner les vaccins contre le Covid-19 notamment au Royaume-Uni avec AstraZeneca et Pfizer. Des essais cliniques qui pourraient très vite être mis en application en France. 600.000 personnes, majoritairement des membres du personnel soignants ont été vaccinés avec AstraZeneca et attendent leur deuxième dose.

Plus de trois mois après le début de la campagne vaccinale, le ministre de la Santé s'est félicité d'un record battu jeudi, avec 437.000 piqûres sur une seule journée, qui a aussi vu la France dépasser les 10 millions de premières doses injectées.

Alors qu'environ 12 millions de doses doivent être livrées à la France en avril, Olivier Véran a rappelé les prochains caps fixés par le gouvernement: 20 millions de premières doses injectées à la mi-mai, 30 millions à la mi-juin, en ouvrant la vaccination aux 60-69 ans à la mi-avril.

Romain Poisot avec Guillaume Descours