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"Osez-le-féminisme s'attaque à Miss France pour se faire de la pub" tacle Alexia Laroche-Joubert

Attaquée par l'association "Osez le féminisme" devant le conseil des prudhommes, la société Miss France par la voix de sa présidente, Alexia Laroche-Joubert a estimé dans Estelle Midi sur RMC que le concours est en trainde changer au diapason de la société et attaque l'association qui souhaite, selon elle, "faire de la pub".

Les candidates à Miss France doivent-elles avoir un contrat de travail? C'est la question à laquelle la justice devra trancher le 8 novembre prochain. L'association "Osez le féminisme" a attaqué au prud'hommes de Bobighny la société qui organise le concours, estimant que les candidates devraient être liées aux producteurs du spectacle (Banijay via Endemol France et la SAS Miss France) dès les premières selections régionales, et non pas uniquement après le passage de ces premières sélections, et que les critères de sélections sont discriminatoires au regard du droit du travail.

Invitée d'Estelle Midi sur RMC et RMC Story, Alexia Laroche-Joubert, présidente de la société Miss France depuis octobre 2021, s'est défendue, voyant dans le processus de sélections deux étapes bien distinctes: d'abord celle des "des comités régionaux qui élisent les jeunes femmes et le règlement national."

"Moi, je ne sélectionne personne. Je fais confiance au maximum aux comités régionaux. Les comités sélectionnent les miss régionales et nous on offre un contrat de travail à ces jeunes femmes", explique la directrice d'Adventure Line Productions, autre entreprise du groupe Banijay.

Pour elle, cette décision de donner plus de poids aux comités régionaux "correspond à une évolution de la société et à une évolution structurelle qui est principalement territoriale."

"Ça me fait bien marrer ce que dit Osez le féminisme"

La productrice de Koh-Lanta estime ce processus est "complètement égalitaire" et s'attaque à l'association qui accuse sa société, estimant qu'elle souhaite faire un coup de publicité sur le dos du concours de beauté:

"Ça me fait beaucoup marrer ce que dit Osez le féminisme, qui ne s’attaque qu’au concours de beauté qui est retransmis sur TF1 et qui leur permet de faire de la pub. Donc ça me fait bien marrer."

Sur la question des critères de sélections, Alexia Laroche-Joubert a expliqué souhaiter "maintenir les critères qui me paraissent nécessaires" comme celui de la taille des candidatés, limitées à 1m70. La raison avancée par la productrice est que les candidates "défilent dans des robes de couture".

Miss France ouvert aux transgenres

Le nouveau réglement stipule que les candidates doivent être de "civilité féminine". La productrice explique ainsi que "si vous êtes née homme mais que vous avez fait un changement de sexe et que vous avez des papiers féminins vous pouvez concourir", alors même qu'une candidate transgenre a été élue première dauphine de Miss Paris, début mai.

Autres obligations: il faut résider dans la région dans laquelle on concourt et il ne faut pas de chirurgie esthétique, pour "ne pas faire de prosélytisme auprès des gamines", selon la présidente de la société Miss France, qui note une tolérance sur les cas de "chirurgie réparatrice".

Autre obligation dans le réglement originel du concours, celle du célibat pour les candidates. Pour Thierry Moreau, journaliste médias et chroniqueur de l'émission, cette obligation est "hypocrite car certaines candidates ont des petits amis". Alexia Laroche-Joubert souscrit complètement à cela et annonce que cette obligation n'existe plus dans la nouvelle mouture du réglement, tout comme l'interdiction des tatouages.

"La marque Miss France prône le naturel"

Interpelée par Fatima Benomar sur la question des "bonnes mœurs" et notamment de la nudité qui avait provoqué une polémique en 2008, lors du sacre de Valérie Bègue, Alexia Laroche-Joubert a souhaité poser sa marque sur ces questions. Elle explique que pour "la jeune femme élue Miss France, il va lui être proposé de représenter la marque Miss France à travers un contrat de travail. En l’occurrence, la marque Miss France prône le naturel et certaines valeurs."

"On demande à ce qu’il n’y ait pas de film porno, ce qui ne me semble pas un problème en soit. On a allégé tout ça pour faire confiance aux comités, dont certains sont là depuis 20 ans et ont connu Geneviève (de Fontenay)."

Mais Alexia Laroche-Joubert assume que Miss France est et "restera toujours un concours de beauté": "Ça restera toujours subjectif. Vous n’êtes pas obligés de regarder, pas obligés de vous inscrire", clame-t-elle.

En réponse à "Osez le féminisme" qui déclare que l'élection diffusée chaque année sur TF1 véhicule des "injonctions sexistes injustifiables" et des "images rétrogrades de la femme-objet", Alexia Laroche-Joubert trouve "dingo que ça soit des femmes qui critiquent d’autres femmes":

"J’ai une Miss Limousin. Miss Limousin, je vous jure, pour vous en sortir ce n’est pas simple. C’est un moyen pour elle d’accéder à un truc de rêve, de gagner sa vie et d’être autonome. Pour moi, ce sont des valeurs essentielles.", conclut-elle.
MM