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Plan Vigipirate prolongé: "Cela devient lassant, pesant"

Les niveaux actuels du plan Vigipirate, "alerte attentats" pour l'Ile-de-France et les Alpes-Maritimes et "vigilance renforcée" pour le reste de la France, vont être prolongés pour "plusieurs mois", a indiqué mercredi le gouvernement. Une situation épuisante pour les CRS rencontrés par RMC.

Depuis les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, le plan Vigipirate est au niveau "alerte attentats" pour l'Ile-de-France et les Alpes Maritimes et "vigilance renforcée" pour le reste de la France. Une mobilisation sans précédent qui, malgré d'importants surcoûts budgétaires, va être prolongée encore pendant "plusieurs mois" a annoncé ce mercredi le gouvernement. Mais sur le terrain, la fatigue commence à se ressentir chez les CRS comme a pu le constater RMC.

C'est le cas par exemple pour Frantz qui, tous les matins, dès 6h00, enfile sa tenue, son gilet de 10 kilos et s'équipe de son fusil pour surveiller l'entrée d'un grand groupe de télévision parisien. "On est obligé de le faire, c'est notre mission. Il ne faut pas oublier notre devise qui est de servir. Il ne faut pas seulement voir le fait que l'on surveille une porte. En effet, il y a eu des statistiques qui montrent qu'il y aurait actuellement beaucoup moins de cambriolages. Donc peut-être que le fait de ne garder qu'une porte peut faire sourire, mais en réalité cela porte quand même ses fruits".

En janvier, "que quatre jours à la maison"

Le problème c'est que cela fait presque deux mois que ça dure. Et Frantz, comme la plupart de ses collègues, commence à être au bout du rouleau. "Cela revient perpétuellement et cela fatigue, souligne-t-il dans Bourdin Direct. Vous êtes toujours dans l'incertitude. Un événement peut intervenir à n'importe quel moment. Cela devient lassant, cela devient pesant". D'autant plus épuisant, "qu'en janvier, on a eu que quatre jours à la maison. C'est peu".

C'est pourquoi, selon Jean-Pierre Colombiès du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, il est impossible de prolonger le plan Vigipirate dans de telles conditions. "Le plan Vigipirate 'alerte attentat' nécessite une restriction très forte des possibilités de prendre des congés, explique-t-il sur RMC. Or, on ne peut pas pressurer ad vitam aeternam les CRS comme ça sans qu'il y ait une adaptation. C'est hystérique comme système". Et les forces de l'ordre pourraient être entendues à ce sujet. En effet, selon une source gouvernementale, si les niveaux d'alerte sont bien prolongés, par "logique d'adaptation", le dispositif pourrait être ajusté.

Maxime Ricard avec Guillaume Chièze