RMC

"4 ans après, elle vérifie si les portes sont bien fermées pour qu'il ne puisse pas venir": un instituteur accusé de viols sur 19 enfants de maternelle face à la justice

Un instituteur est accusé de viols et d'agressions sexuelles sur 19 de ses élèves de maternelle. Il avait été relaxé lors du premier procès, la justice estimant que la parole d'enfants de cinq ne pouvait être entendue. Mais le procès en appel s'ouvre ce mercredi à Chambéry.

C'est une affaire de pédophilie qui avait secoué le petit village 1200 habitants de Cornier en Haute-Savoie en 2016. Un instituteur avait été accusé de viols et agressions sexuelles sur 19 de ses élèves de maternelle âgés en moyenne trois ans au moment des faits. "Maître Bruno" avait finalement été relaxé en septembre 2019 par manque de preuves.

Dans son jugement le tribunal avait estimé les auditions des enfants "polluées par les questions orientées", des gendarmes. Mais les troubles du comportement chez les enfants, bien réels, comme les pipis au lit, les terreurs nocturnes, leur hypersexualisation voire leur agressivité, ont convaincu le parquet de faire appel. Son procès en appel se tient à Chambéry à partir d'aujourd'hui. Fin du procès le 25 mars.

Les parents des victimes attendent beaucoup de cette nouvelle étape judiciaire. Car près de 4 ans et demi après les faits présumés, la fille de Sarah, 7 ans, reste profondément marquée:

"Elle a encore des signes du traumatisme qui reviennent. Cela peut-être des cauchemars où elle revit les scènes. Elle vérifie si les portes sont bien fermées pour pas qu'il puisse venir".

>> A LIRE AUSSI - Facebook veut créer Instagram junior réservé aux moins de 13 ans: "Ca ne remplace pas le rôle d’éducateur du parent", assure Cyril Di Palma

"Le traumatisme est présent et va rester"

La relaxe prononcée en 2019 a été un véritable choc. A l'époque les magistrats avaient considéré notamment que la parole d'un enfant de moins de 5 ans n'était pas fiable. Aujourd’hui Sarah espère que justice sera rendue aux enfants:

"On sait que ce n'est pas fini pour eux que le traumatisme est présent et va rester. On a besoin que justice leur soit rendue. On a besoin que cette personne soit condamnée, qu'il fasse une peine de prison. On a besoin que la justice fasse son travail et qu'il n'y ait pas une parodie de justice. C'est primordial, c'est pour des enfants, les adultes de demain".

De nouvelles expertises de pédopsychiatre vont être versées au dossier. Sarah et les autres parents se sont aussi entourés de nouveaux avocats spécialisés dans la pédo-criminalité.

>> A LIRE AUSSI - Ouverture de la vaccination au 70-75 ans: comment ça marche?

Lucie Nolorgues (avec Guillaume Dussourt)