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Ado tué dans une rixe à Thiais: "Il n'y a pas besoin d'être dans une bande pour être pris à partie"

Trois mineurs ont été placés en garde à vue ce lundi, après la mort d'un jeune du même âge plus tôt dans la matinée, à Thiais (Val-de-Marne). Ce phénomène n'est pas nouveau et touche parfois des adolescents pourtant hors de la délinquance.

Un adolescent de 16 ans a été tué à coups de couteau à 400 mètres environ du lycée Guillaume-Apollinaire de Thiais, ce lundi dans le Val-de-Marne. Un autre lycéen a été grièvement blessé. Et un troisième a été blessé à la cuisse.

Un mineur, connu des services de police, a été interpellé à son domicile dans la ville voisine de Choisy-le-Roi. Deux autres suspects, âgés de 15 et 16 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue lundi soir.

Le scénario d'une rixe entre jeunes de quartiers rivaux de Thiais et Choisy-le-Roi est privilégié par les enquêteurs.

Sur le plateau des "Grandes Gueules" ce mardi sur RMC et RMC Story, Sam, consultant en marketing, assure avoir déjà participé à ce genre de rixe, mais à ses dépens: "La jeunesse n’est pas plus violente aujourd'hui, c’était déjà le cas il y a 15-20 ans. Ce n’est d’ailleurs pas un phénomène de bande, une bande, c’est organisé. Dans les cas qu'on connaît, il faut juste habiter à un endroit, être dans un lycée ou un collège et on est identifié".

"Je n’ai jamais été dans la violence, je ne suis jamais allé au commissariat, je n’ai jamais été dans la délinquance mais sans le vouloir, on participe à ce phénomène. Si demain il y a une embrouille entre mon quartier et un autre, je n’y participe pas, mais juste en allant faire mes courses ou en allant au lycée je me fais agresser parce que je ne viens pas du bon quartier", raconte-t-il aux "Grandes Gueules".

"Il suffit d'être identifié comme appartenant à un quartier, c'est amplement suffisant pour une vengeance"

Même son de cloche pour Joëlle Dago-Serry, qui a vécu une partie de sa jeunesse en Seine-Saint-Denis. "Il n'y a pas besoin d'être dans une embrouille de cités pour être pris à partie. Je ne sais pas à combien de rixes j'ai assisté sans être dans les embrouilles de cités", raconte-t-elle sur RMC et RMC Story. "Il suffit d'être identifié comme appartenant à un quartier, c'est amplement suffisant pour une vengeance", ajoute Joëlle Dago-Serry.

Sam, qui a grandi dans l’Essonne, un département connu pour ce genre d’affrontements, raconte que les bagarres entre quartiers et villes différentes étaient déjà légion à son époque.

"On va aux puces entre amis le samedi, on rencontre sur le chemin des jeunes d’Evry qui veulent nous agresser. Parce qu’un élève de chez nous qui est dans un lycée à Sainte-Geneviève-des-Bois, qui se fait agresser, on va le défendre. On va devant le lycée juste pour faire une démonstration de force mais forcément les trois-quarts du temps, ça part en bagarre. Ensuite, l’ami en question est en général laissé tranquille", explique-t-il.

La réponse pénale pas dissuasive?

Et si des armes sont souvent utilisées, c'est parce que les plus jeunes ne se rendent pas compte de la dangerosité et de la létalité d'un couteau ou d'un marteau selon lui.

Si pour le patron des chasseurs Willy Schraen, il faut être "beaucoup plus dur et beaucoup plus ferme", les peines de prisons ne dissuadent pas selon Sam. "Des jeunes qui sont allés en prison pour mineurs pendant un an ou deux ans, j’en connaissais. Quand on est arrivé à leur âge, on a reproduit les mêmes erreurs", raconte-t-il.

G.D.