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"Ça brise le cœur": l'émotion à Thiais après la mort d'un adolescent, poignardé devant son lycée

C'est la piste d'une vengeance entre bandes rivales qui est privilégiée après la mort d'un adolescent, poignardé devant son lycée à Thiais (Val-de-Marne) ce lundi. Un drame qui suscite l'émotion de ses camarades, qui affirment que la victime essayait simplement de s'interposer.

Emotion à Thiais (Val-de-Marne), après la mort d'un adolescent ce lundi, poignardé devant le lycée Guillaume Appolinaire. Trois suspects, tous mineurs, ont été placés en garde à vue. Devant le lycée, les élèves sont sous le choc, après la mort de l'un de leurs camarades. L'adolescent était très apprécié, selon ces deux lycéennes.

“Celui qui est mort, sa mère l’a envoyé à 8h en cours. Il lui a dit ‘maman à tout à l’heure’ et là, on l’a appelée pour lui dire qu’il est mort, c’est horrible. C’était quelqu’un de calme et à l’écoute des autres. Il n'était pas dans les embrouilles de cité. Ça brise le cœur”, indiquent-elles.

Selon le procureur de Créteil, la victime, originaire de Thiais, serait tombée dans un guet-apens, monté lundi matin par l'agresseur et d'autres adolescents de Choisy-le-Roi. Selon ses trois camarades, le suspect lui-même avait été blessé lors d'une rixe à proximité du lycée juste avant Noël. Il avait porté plainte et voulait se venger.

Des bandes rivales qui s'affrontent

Ce phénomène de bande, Frédéric Ploquin, journaliste spécialiste de la question, le connaît bien.

“On se transmet un peu le bâton comme dans un relais, de génération en génération. La nouvelle génération qui arrive sur le terrain récupère l’antagonisme ancestral avec le quartier voisin. Il n’y a pas de motif compréhensible et rationnel comme nous on le voudrait mais ça peut être animé par les défis qu’ils se lancent sur les réseaux sociaux, une histoire de filles… Ce sont des choses futiles”, appuie-t-il.

Trois jours avant, la police avait déjà empêché un probable affrontement entre des bandes rivales de ces deux villes. Quinze personnes avaient été interpellées.

Romain Houg et Lucile Pascanet avec Guillaume Descours