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Affaire Benalla: "C'est un peu le Mbappé du milieu de la sécurité", selon Fabrice Lhomme

Fabrice Lhomme, qui a interviewé Alexandre Benalla pour Le Monde, était l’invité des Grandes Gueules ce jeudi. Il analyse les réponses que lui a donné l’ancien conseiller du président.

Dans un entretien publié ce jeudi par le journal Le Monde, Alexandre Benalla s’exprime pour la première fois sur l’affaire le concernant. Pour Fabrice Lhomme, auteur de l'interview avec Gérard Davet et François Krug, les éléments de réponse donnés par Alexandre Benalla, ouvrent "plusieurs pistes" que le journal a suivi de près.

"Sur le fait de savoir qui décide qu’il doit aller ou pas à cette manifestation, là il y a des preuves. On s’est procuré des échanges SMS entre Monsieur Simonin et Monsieur Benalla. Ces SMS montrent clairement que c’est M. Simonin qui lui propose d’aller là-bas, qui lui dit dans quelles conditions, qu’il va lui envoyer du matériel, qui lui demande ses mensurations, pour lui fournir un casque, des Rangers etc. C’est encore lui qui lui dit, je vais t’envoyer les numéros de la personne qui t’accueillera là-bas".

"Ça signifie que les gens de l’Elysée sont également en cause"

Dans l’interview, Alexandre Benalla précise que l’un de ses collègues l’a informé d’une "vidéo qui pourrait le dédouaner". Ce ne serait donc pas lui qui en aurait fait la demande.

Une fois la vidéo en sa possession, il nie l’avoir visionnée et l’aurait livrée à un conseiller de l’Elysée. Un élément pour Fabrice Lhomme, qui le dédouane d’un des chefs d’accusation porté à son encontre.

"Les personnes qui sont mises en examen, dont Monsieur Benalla, sont mises en examen pour avoir détenu illégalement cette vidéo. Dans ce cas-là, ça signifie que les gens de l’Elysée sont également en cause".

"Il fait preuve d’une maturité qui est déconcertante"

Pour le journaliste, "l’homme le plus recherché de France médiatiquement", qui "a dû se raser pour qu’on ne le reconnaisse pas", est apparu serein. Son profil jeune, sûr de lui et éloquent lui ont fait penser à un champion du monde qui a crevé l'écran cette année. 

"Il est un peu comme le Mbappé du milieu de la sécurité. C’est un homme très jeune, il a 26 ans, mais il fait preuve d’une maturité qui est déconcertante. C’est ce qui m’a frappé. (…) Il n’est pas désespéré du tout pour la simple et bonne raison qu’il pense qu’il y a deux affaires. D'un côté, l’affaire médiatique et politique pour laquelle il reconnaît être très embarrassé et de l’autre, l’affaire judiciaire pour laquelle il est très optimiste".
Les Grandes Gueules (avec C.P.)