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Affaire Théo: "Ne nous mettez pas votre police de proximité, la solution c'est que la police soit moins raciste"

300 personnes se sont rassemblées samedi à Bobigny "contre l'impunité policière". Les soutiens de Théo, le jeune Aulnaysien qui accuse un policier de l'avoir violé à l'aide d'une matraque, voient d'un oeil circonspect l'arrivée de la police de sécurité quotidienne.

Alors que Gérard Collomb a dégainé samedi 28 octobre sa grande concertation sur la police de sécurité du quotidien (PSQ), un rassemblement "contre les violences policières" et en soutien à Théo a été organisé à Bobigny samedi 28 octobre.

Quelque 300 personnes se sont réunies devant le tribunal de grande instance aux cris de "Policiers, vous êtes complices quand vous vous taisez", ou "Justice pour Théo". 

Ce jeune Aulnaysien de 23 ans dit avoir été violé à l'aide d'une matraque lors d'un contrôle policier, le 2 février 2017, dont il est sorti gravement blessé. Aulnay-sous-Bois, sa commune, compte parmi les villes volontaires pour expérimenter dès 2018 cette PSQ, sorte de police de proximité revisitée, qui se veut plus "connectée", "partenariale", et dont le but serait de lénifier les tensions entre policiers et habitants.

Un "nettoyage" dans les rangs de la police

Mais ces jeunes de la périphérie parisienne redoutent que les nouveaux matériels que promet le ministre de l'Intérieur à ses équipes -30.000 véhicules, 60.000 gilets pare-balle, 115.000 tablettes pour les vérifications d'identité- ne serve à davantage de contrôle de leurs quartiers:

"Ne nous mettez pas votre police de proximité, arrêtez de nous rajouter des polices sur des polices. La solution c'est de faire un nettoyage", abonde Michaël, le frère de Théo. 

"Que la police prenne moins de racistes, ce serait pas mal", poursuit-il. "Pourquoi rajouter de la police si d'abord on n'a pas réglé la base ?"

Des "mesurettes"

Issa, membre de la Brigade anti-négrophobie, lui emboîte le pas:

"Ce sont des mesurettes. Ce qu'il faut c'est donner justice aux victimes. Que les policiers qui ont commis des crimes soient condamnés."

A ses yeux, avec cette PSQ rien ne va changer à la vigueur des contrôles de police. "Violences verbales, humiliations, se faire fouiller devant tout le monde, palper… Je l'ai vécu, c'est presque le quotidien." 

Jean-Baptiste Bourgeon (avec Paul Conge)