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Attentat de Nice: "Se raccrocher à ce que l'on a et se dire que la vie ne s'arrêtera pas"

TEMOIGNAGES – Selon le dernier bilan officiel livré ce lundi par le procureur de la République, 84 personnes ont péri dans la nuit du 14 juillet à Nice et 202 ont été blessées. Certaines d'entre elles sont déjà sorties de l'hôpital et essayent, tant bien que mal, de reprendre le cours normal de leur vie.

Cauchemars la nuit, flash-back la journée… pour diminuer ses souffrances, Christian, jeune policier municipal de 20 ans, est retourné au travail dès dimanche, trois jours après l'attentat qui a fait 84 morts et 202 blessés selon le dernier bilan donné ce lundi par le procureur de la République. "C'était le meilleur remède possible, témoigne le jeune homme sur RMC. Rester enfermé chez soi, allongé ou même assis bloqué devant les informations qui passaient en boucle, c'est addictif et mauvais pour le rétablissement psychologique".

Au poste de police de Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes) où il travaille: Christian a reçu beaucoup de soutien. Ses collègues ont su trouver les mots juste pour le réconforter. "Ils m'ont tous dit 'Ça va aller', 'Si tu as besoin d'en parler, n'hésite pas'… C'est vraiment très chaleureux". Christian sait qu'il va devoir vivre avec ces terribles souvenirs. Pour autant, il garde la foi en l'avenir. Un avenir qu'il partage avec sa compagne.

"On se sent coupable d'être en vie"

"Ça ne nous empêchera de faire des enfants, de voir notre famille grandir à l'avenir. Il faut donc se raccrocher à ce que l'on a et se dire que la vie ne s'arrêtera pas et qu'elle continuera malgré tout, tant bien que mal", assure-t-il. Pour aller de l'avant, le jeune homme s'est fixé des objectifs bien précis. Le premier d'entre eux: emménager dans un appartement avec sa compagne. De son côté, cette professeur de français a été blessée à la cheville en sautant de la Promenade sur les galets. Si elle n'a eu qu'une entorse à la cheville, elle se dit très choquée par ce qu'elle a vécu.

"Ça va beaucoup mieux grâce à la cellule de crise mise en place. Les psychologues, les psychiatres, les infirmiers qui nous écoutent sont fabuleux", témoigne-t-elle avant d'ajouter: "Au début, on se sent coupable d'être en vie. C'est ce qu'il y a de plus dur à vivre. On se dit pourquoi nous, mais il paraît que c'est normal…" "J'ai vu des enfants, une famille de touristes, des ados, des petits… Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus", raconte-t-elle encore. Et, catégorique, de conclure: "Je ne veux plus aller sur la Promenade des Anglais pour l'instant. On ne sent plus en sécurité, nulle part".

Maxime Ricard avec Benoît Ballet