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Besançon: l'anesthésiste soupçonné de 17 nouveaux cas d'empoisonnements laissé libre sous contrôle judiciaire

Le Magistrat a considéré que les exigences de l’instruction ne justifiaient pas un placement en détention provisoire. L’anesthésiste de Besançon, Frédéric Péchier a été laissé libre sous contrôle judiciaire ce vendredi. Sa mise en examen survient après une enquête préliminaire de deux ans.

L’anesthésiste Frédéric Péchier mis en examen ce jeudi pour 17 nouveaux cas d'empoisonnement de patients. Ce qui porte le total à 24 cas d'empoisonnements dont 9 mortels. Des faits passibles de la réclusion à perpétuité.

17 nouveaux cas d’empoisonnements dont 7 mortels

La barbe fournie, dans une doudoune sans manche orange, Frédéric Péchier a l'air fatigué, éreinté après sa nouvelle mise en examen. D'une voix forte et claire, l'anesthésiste fait face à la juge ce jeudi, comme il a fait face aux enquêteurs lors de ses deux jours de garde-à-vue selon ses avocats.

Derrière lui, sa femme, ses filles, sa sœur, sont venues le soutenir, elles se tiennent la main pour affronter cette nouvelle épreuve. Car quelques heures plus tôt, le docteur Péchier a été mis en cause dans 17 nouveaux cas d’empoisonnements dont 7 mortels, sur des personnes vulnérables âgées de 4 à 80 ans.

La justice estime que l'anesthésiste est le dénominateur commun à ces événements médicaux indésirables et qu'il existe un faisceau d'éléments concordants le visant, comme sa présence lors de chaque empoisonnement et l'arrêt de ces anomalies lorsqu'il quitte ces cliniques.

"Pourvu que ça ne porte pas atteinte et à notre établissement, et à notre travail"

Le médecin lui nie toujours les faits, il dénonce un complot dans un contexte de conflit aiguë entre chirurgien. Selon ses avocats, il n'y aurait aucune preuve directe entre le praticien et ces empoisonnements.

Dans l’établissement de Besançon, le personnel est sous le choc et s’inquiète de sa réputation, comme Arnaud Poly, aide-soignant et délégué syndical CGT.

"C’est quand même quelqu'un qu’on était amené à côtoyer tous les jours, les patients pour certains, on les connaissait donc c’est sûr que psychologiquement c’est très fort. Au bout de deux ans, on avait fait fît de cette affaire et on se reprend ça en pleine figure. Bien sûr que c’est vécu comme une trahison. Au final, il faut quand même bien savoir qu’au travers de cette affaire, c’est tout le personnel qui en fait les frais. C’est 500 salariés, 500 familles sur Besançon qui peuvent en faire les frais. Pourvu que ça ne porte pas atteinte et à notre établissement, et à notre travail. Là on a peur que ça remue un peu tout et que de nouveau, les patients aient peur de venir se faire soigner chez nous".
Marie Monier, Gwenaël Windrestin (avec Caroline Petit)