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"C'est un fait que la police tue" pour Louis Boyard

Invité des Grandes Gueules sur RMC et RMC Story, le député NUPES-LFI du Val-de-Marne Louis Boyard a réaffirmé les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la "police qui tue" affirmant que ce "déni" jettait "un discrédit sur toute l'institution" policière.

Deuxième plus jeune député de l'histoire de l'Assemblée nationale, Louis Boyard était l'invité de l'émission qui l'a révélée au grand public, les Grandes Gueules sur RMC et RMC Story. Interrogé par l'ancien policier du RAID Bruno Pomart sur son soutien à Adama Traoré, le jeune député NUPES-LFI du Val-de-Marne "pense que dans l'affaire Adama, la police n'avait pas le droit de tuer. Il y a des erreurs parfois, il faut les assumer."

"C'est un fait que la police tue. Reste à savoir si elle a le droit ou non de le faire", déclare le député de 21 ans.

Autre exemple pris par Louis Boyard, celui de la mort de Steve Maia Caniço, à Nantes, le 21 juin 2019, "dans le temps" d'une dispersion par la police d'une fête de la musique sur l'île de Nantes (Loire-Atlantique). Il estime que "ni la préfecture, ni l'État, ni les députés ne reconnaissent une responsabilité de l'État dans tout ça."

Face à lui, Bruno Pomart estime que ces accusation sont "graves": "La police tue, les violences policières, ça ne veut rien dire, c'est grave", dit-il.

"De nombreuses fois, non, la police n'avait pas le droit de tuer"

Louis Boyard lui répond que "C'est un fait que la police tue. Elle ne tue pas tous les jours, mais ça arrive tous les ans. La question c'est de savoir si elle a le droit ou pas et de nombreuses fois, non, la police n'avait pas le droit de tuer".

"Avant les législatives, (la police) avait tiré sur une jeune femme qui avait mon âge. C'est notre rôle en tant que politique de dire qu'ils n'avaient pas le droit. Il valait mieux tirer dans les pneus. C'est le rôle d'une parole politique de dire ça", martèle le nouveau député.

Louis Boyard juge aussi que pendant le mouvement des gilets jaunes, "pas un seul politique n'a reconnu les violences policières. Pas un membre de la majorité n'a été capable de reconnaitre qu'après Mantes-la-Jolie où on a mis à genoux, les mains sur la tête, des lycéens, il y avait violence policière. C'est là où l'institution a un rôle à jouer."

"Une généralité terrible" pour Bruno Pomart

Bruno Pomart lui a signifié son désaccord le plus total sur la question estimant que les policiers, "tous les jours, toutes les nuits, font face à des voyous, voire à des tueurs" estimant cette généralité "terrible", demandant aux Insoumis de "faire un effort" et proposant au nouveau député d'accompagner les policiers sur le terrain. Une proposition acceptée par Louis Boyard qui estime que "bien sûr c'est (s)on rôle en tant que député."

Mais il souhaite mettre fin à "une position de déni" sur la question des violences policières qui "jette le discrédit sur l'institution car près de 40% des Français n'ont pas confiance en leur police". Ce chiffre est beaucoup plus haut dans la dernière enquête du CEVIPOF datée de juin 2022 où il monte à 72%.

"Oui parfois il y a beaucoup d'erreurs qui sont commises et elles sont couvertes par l'institution et par la majorité", conclut-il.
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC