RMC

Un jeune accuse des policiers de torture: "Ça arrive souvent avec ces individus", lance Bruno Pomart

Une plainte a été déposée à l'IGPN, contre des policiers accusés de violences au commissariat de Juvisy-sur-Orge. Mais pour Bruno Pomart, ancien policier du Raid, la personnalité du plaignant, un jeune électricien de 19 ans, est en cause.

Un jeune électricien de 19 ans accuse des policiers d'actes de torture. Mahedine Tazamoucht a déposé plainte auprès de l’IGPN vendredi. Placé en garde à vue dans une enquête pour outrage et rébellion, il affirme avoir subi de nombreuses violences au sein du commissariat de Juvisy-sur-Orge, dans l'Essonne, dans la nuit du 9 au 10 mai.

"J'étais menotté jusqu’au sang, je ne sentais plus du tout mes mains. ll y avait trois policiers qui me mettaient des coups, sans arrêt. Je saignais de la bouche, je crachais beaucoup de sang. Je hurlais de douleur. J’ai dû recevoir une bonne quarantaine de coups au visage. J’ai des ouvertures dans la bouche, je n’entends plus de l’oreille gauche, j’ai un hématome au tympan. C’était de la torture, carrément", racontait ce mardi Mahedine Tazamoucht sur RMC. Le jeune homme assure également avoir été tasé à plusieurs reprises avant de perdre connaissance.

Tout est parti d'un contrôle de police sur un parking dAthis-Mons, une commune voisine. Mahedine Tazamoucht et deux amis passent la soirée installés dans leur voiture en écoutant de la musique et en buvant de l'alcool. Trois policiers arrivent pour les contrôler. Rapidement, la situation se dégrade. Selon l'électricien de 19 ans, l’un de ses amis est frappé, tandis que lui est gazé dans les yeux avec une bombe lacrymogène. Tous les trois sont ensuite emmenés au commissariat par les policiers avant que son calvaire ne commence.

"Cet individu est connu pour vol avec effraction et violences aggravées"

Pour l'ancien patron du Raid Bruno Pomart, présent sur le plateau des "Grandes Gueules" ce mercredi sur RMC et RMC Story, "c'est un fait qui arrive bien souvent avec ce type d'individus". "Je me suis renseigné, cet individu est bien connu pour détention de stupéfiants, vol avec effraction, dégradation de biens, violences aggravées", assure-t-il. "Est-ce que son comportement a été normal? A un moment donné, il y a outrage et rébellion. Soit tu te tais, soit tu te fais embarquer", ajoute l'ancien policier.

Quant aux quatre jours d'ITT et au témoignage de Mahedine Tazamoucht, Bruno Pomart assure que "c'est son interprétation". "Je rappelle que les policiers ont des caméras, un film aurait été fait, on verra s'il va sortir. Des informations vont sortir, au moins sur le moment de l'interpellation", prédit-il.

"Il peut y avoir une bavure"

L'éducateur Etienne Liebig constate lui que l'impunité des policiers a disparu. "J'ai vu notamment au commissariat de Montreuil, à une époque, des gens se faire frapper violemment devant des policiers hilares. Depuis, il y a eu énormément d'évolution, on n'est plus dans ce type d'actes". "Maintenant, il peut y avoir une bavure parce que les policiers ont peut-être picolé, parce qu'ils sont énervés, parce qu'ils fêtent peut-être quelque chose", ajoute-t-il.

Des propos qui ont provoqué l'ire de Bruno Pomart. "Tu fais des clichés, c'est fini, ils ne picolent plus, ne dis pas ça", lui a lancé l'ancien policier. "Il faut admettre qu'il y a des accidents, qu'il y a des montées d'énervement. Ne raconte pas des balivernes, ne fais pas croire que tu sais tout ce qu'il se passe dans tous les commissariats", a répondu Etienne Liebig.

En attendant, Mahedine Tazamoucht le promet: avec son avocat Arié Alimi, ils vont déposer une deuxième plainte pour actes de torture et de barbarie. "Ça aurait pu arriver à n'importe qui", assure le jeune électricien.

G.D.