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"Catastrophe", "inadmissible": la déception des "gilets jaunes" au lendemain de la manifestation

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Des milliers de "gilets jaunes" venus de la France entière se sont donnés rendez-vous ce samedi à Paris. Mais dès le début de la journée, des affrontements ont eu lieu sur les Champs-Elysées.

Dès le milieu de la matinée, des violences ont émaillé le rassemblement. Barricades incendiées, feux tricolores arrachés, pavés descellés... Les nombreux CRS présents sur place ont répondu avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Des scènes de violences qui ont duré jusqu'en début de soirée. Ces affrontements sur les Champs-Elysées ont marqué un tournant dans le mouvement des "gilets jaunes". Tournant qui pourrait discréditer massivement cette contestation.

"Il les laisse venir exprès afin de discréditer le mouvement"

C'est ce que craignent les manifestants venus pour dire leur colère mais sans intention violente. Dominique a fait le déplacement sur les Champs Elysées depuis le Val de Marne. Bien que la manifestation y était interdite, son intention était pacifiste, d’où son dégoût devant les échauffourées.

"Il y a toujours des casseurs qui viennent. Je ne comprends pas que le gouvernement, bien qu’il les connaisse, ne les arrête pas en amont. On a l’impression qu’il les laisse venir exprès afin de discréditer le mouvement".

"Vu ce qu’il s’est passé ce n’était pas ma manifestation"

Même sentiment chez Roland, un gilet jaune qui a fait de la route pour exprimer sa colère: "Je suis parti à 3 heures. Il y avait une très bonne organisation mais maintenant vu ce qu’il s’est passé ce n’était pas ma manifestation. Je ne suis pas ici pour mettre le feu, c’est une catastrophe. Je ne suis pas d’accord donc je m’en vais, je vais rejoindre mon car et je rentre chez moi".

"Le mouvement des "gilets jaunes" était un mouvement non violent, pacifiste"

Thierry lui aussi dénonce les exactions commises, même s’il comprend l’exaspération qui en est à l’origine.

"J’ai vu une voiture recevoir des coups de pieds, c’est inadmissible. Jusqu'à présent, le mouvement des "gilets jaunes" était un mouvement non violent, pacifiste. Si Macron ne méprisait pas le peuple, on n’en serait peut-être pas là non plus".

Des gilets jaunes dépités par ces violences, alors que la mobilisation de ce samedi était beaucoup moins importante que la semaine dernière.

Martin Juret (avec C.P.)