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Ce que l'on sait des violences qui ont émaillé le défilé parisien du 1er-Mai

À Paris, le traditionnel défilé du 1er-Mai a été émaillé de violences. Un pompier a été agressé alors qu'il tentait d'éteindre un feu. Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté et des vitrines ont été brisées.

Vitrines brisées, murs tagués: des dizaines d'agences bancaires ou immobilières, de sociétés d'assurance, mais aussi un magasin bio et un restaurant McDonald's ont été vandalisés. Ce dimanche, la traditionnelle manifestation du 1er-Mai a été émaillée de violences.

Si la très grande majorité des troupes a défilé dans le calme dans les rues de la capitale, des manifestants détachés du cortège principal et vêtus de noir s'en sont rapidement pris aux forces de l'ordre.

Un pompier frappé par une manifestante

Les premières tensions sont apparues peu après le départ de la place de la République. Aux feux de poubelles et jets de projectiles, les forces de l'ordre ont répondu avec du gaz lacrymogène.

Une image a également provoqué l'indignation générale, un pompier parisien a été agressé par une manifestante, au moment où il essayait d'éteindre un feu dans une rue. La manifestante a d'abord essayé d'arracher la lance à incendie et frappé le soldat du feu à plusieurs reprises sur le casque.

Le long du parcours, les vitrines des banques, des sociétés d'assurance ont été vandalisées. Les agences immobilières aussi, comme celle de Rémi: "Je suis dépité, hormis les dégâts matériels, mais c'est aussi toute une organisation, des emplois que l'on met en péril", déplore-t-il au micro de RMC.

"C'est dommage"

Un restaurant McDonald's est aussi pris pour cible. Des dégradations ciblées mais Claudine, une manifestante, regarde les dégâts avec un peu de déception: "C'est dommage, c'est de la violence. Parfois il faut être dans la révolte mais est-ce nécessaire, on peut peut-être le faire autrement?".

À la fin de la journée, beaucoup de manifestants insistent: les dégradations ne doivent pas faire oublier les revendications: "Il y a un début, c'est la poursuite du quinquennat Macron, ça va sûrement vouloir dire des mesures pas très sociales notamment avec la réforme des retraites", insiste Julien. "Je pense que ce sont plutôt des mouvements comme ça avec des gens dans la rue qui vont faire bouger les choses", renchérit Zoé.

54 interpellations

"Les violences parasites du 1er-Mai invisibilisent la marche des syndicats et servent la propagande à nos pires adversaires. Ras le bol. Le préfet de police savait. Incapable de garantir le droit de manifester en paix", a déploré Jean-Luc Mélenchon sur Twitter.

"L’absence de propos de soutien" aux forces de l’ordre et aux pompiers "est particulièrement insultante", lui a répondu le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lors d’un point presse depuis la préfecture de police. En tout, 54 personnes ont été interpellées.

La manifestation de ce 1er-Mai a rassemblé plus de monde cette année qu'en 2021, à Paris, mais également dans toute la France. Le ministère de l'Intérieur a recensé 116.500 personnes partout en France, la CGT 210.000. À Paris le cortège a rassemblé 24.000 manifestants selon les autorités, 50.000 selon la CGT,

Rémi Ink et Alexandra Sirgant (avec G.D.)