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"Contrôle indépendant" de la police: "Quand on parle de relation police-population, on parle de qui?" s'interroge le syndicat Alliance

L'un des enjeux de ce Beauvau de la sécurité que va conclure le président de la République à Roubaix ce mardi est donc bien cette cassure, ce divorce, cette défiance entre une partie de la population et la police. Stanislas Gaudon était sur RMC.

Emmanuel Macron est attendu ce mardi à 12h30 à Roubaix, dans les Hauts-de-France, pour conclure le Beauvau de la sécurité. Après plus de sept mois de réflexion, le chef de l'Etat doit faire des annonces devant des élèves policiers, des élus, des magistrats et des citoyens.

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Avec les annonces qu’il va faire, le président de la République souhaite améliorer et renforcer le lien entre police et population. Mais pour Stanislas Gaudon, délégué général du syndicat de police Alliance, le rapport entre la police et la population n’est pas celui qu’on veut nous montrer.

“La première table ronde du Beauvau de sécurité avait fait état d’un sondage où plus de 70% de la population étaient plutôt favorables à la police nationale et estimaient que la police faisait bien son travail. Par contre, il y avait des sondages explicites qui disaient qu’elle manquait de moyens. Ca c’est le premier constat qui a été fait. Donc quand on parle de relation police-population, on parle de qui? 
D'une minorité qui souvent est engluée dans du trafic de stupéfiants et qui n'aime pas que la police fasse son travail”, explique-t-il au micro de RMC ce mardi.

Emmanuel Macron devrait également annoncer que le contrôle de l'action des forces de l'ordre sera renforcé via le travail d'une délégation parlementaire comme c'est déjà le cas pour des missions de renseignements.

L'IGPN complaisante?

Là encore, Stanislas Gaudon veut remettre les choses dans leur contexte. Selon lui, les forces de l’ordre sont déjà très contrôlés. “On a l’IGPN, il y a des plateformes de signalement, des autorités hiérarchiques, des autorités judiciaires, le procureur de la République… Nous, on a l’habitude, on est souvent auditionné par les parlementaires quand il y a une mission d’enquête ou une commission d’enquête”, affirme-t-il.

Et à ceux qui évoquent un doute quant au travail de l’IGPN, la police des polices, il répond. 

“Quand il y a des enquêtes judiciaires et que l’IGPN enquête, elle n’enquête pas toute seule, mais sous l’autorité d’un magistrat, d’un juge d’instruction ou d’un procureur. Donc, non, la police n’enquête pas seule, en toute indépendance et elle ne fait pas n’importe quoi. Et ceux qui disent que l’IGPN est complaisante à l’égard des policiers, croyez-moi, c’est qu’ils ne connaissent pas le système. Les policiers redoutent l’IGPN, et n’aiment pas trop être mis en garde à vue. Parfois, on échappe aux auditions libres, parfois elle mène des investigations longues pendant lesquelles le policier a un focus sur lui”, détaille le syndicaliste.

Les syndicats attendent par ailleurs beaucoup de la prise de parole présidentielle et notamment un vrai plan et une enveloppe importante. 

Guillaume Descours