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Déjà sept suicides de policiers en 2022: "Une peur des répercussions s'ils parlent d'idées suicidaires"

Deux policiers se sont donnés la mort ce mardi à Strasbourg et à Lille, portant à sept le nombre de cas de suicides dans les rangs de la police depuis le début de l'année.

Déjà sept suicides dans la police depuis le début de l’année. En l’espace d’une seule matinée ce mardi, deux policiers ont mis fin à leurs jours à Lille et à Strasbourg. Selon un syndicat policier, l’année dernière, il y aurait eu 35 suicides de policiers.

Une profession particulièrement touchée par ce fléau. Le taux de suicide au sein de la police nationale atteint 29 suicides pour 100.000 habitants selon un rapport sénatorial de 2018, c'est le double de l’ensemble de la population.

Sur le terrain, les policiers font face à beaucoup de violence. Une violence en partie à l’origine d’un mal-être selon Grégory Joron, secrétaire général Unité SGP-Police Fo.

“Vous prenez en pleine figure ce que peut faire de pire l’être humain et une fois que vous rentrez chez vous, il faut que vous redeveniez une maman ou un papa sans avoir malheureusement de sas de décompression. On manque de culture sur la libération de la parole”, estime-t-il.

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La peur d'être désarmé

Les policiers n’ont que peu de personnes à qui se confier, ce qui ne permet pas de prévenir les suicides.

"Ce qui m’est remonté quand ils appellent l’association, c’est le fait d’avoir peur des répercussions si on parle de ses idées suicidaires, d’avoir peur d’être désarmé, explique Nadège Cordente, psychologue au sein d’Assopol et à l’écoute des forces de l’ordre. Ce n’est pas simplement l’image du cow-boy qui n’aurait plus son arme, ce n’est pas ça. C’est surtout le fait de ne plus pouvoir soutenir les collègues s’ils étaient en danger", indique-t-elle.

Et ainsi, beaucoup d’idées suicidaires sont refoulées. "Au contraire, on sait de plus en plus qu’il faut parler. Plus on en parle, moins le suicide sera un tabou au sein des forces de l’ordre", assure-t-elle.

Plus d’écoutes et de paroles, c’est aussi ce que souhaite le syndicat Unité SGP police FO, qui demande plus de personnels dédiés en interne.

Maxime Levy avec Guillaume Descours