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Des données personnelles de policiers taguées: comment leurs informations fuitent-elles?

Une enquête a été ouverte après la découverte de tags anti-police dévoilant les informations personnelles de fonctionnaires à Châtenay-Malabry dans les Hauts-de-Seine. Des informations qui peuvent être récoltées par hasard par les auteurs des tags explique un policier sur RMC.

Depuis quelques mois, des tags anti-police fleurissent sur les murs de Châtenay-Malabry dans les Hauts-de-Seine. Mais un cap a été franchi il y a quelques jours. Dans le quartier de la Butte-rouge, des fonctionnaires de la brigade anti-criminalité ont découvert leurs noms, prénoms, adresses et parfois plaques d’immatriculation de leur véhicules personnels inscrits sur des murs et accompagné de menaces de mort, comme le révèle RMC.

Laurent Nuñez, le préfet de police de Paris, s'est rendu sur place mercredi et une enquête a été ouverte. Elle pourrait notamment permettre de découvrir comment ces informations personnelles ont pu fuiter.

Des policiers suivis

Une chose est sûr à ce stade, au moins un policier de Châtenay-Malabry a été suivi jusqu'à chez lui: "L’un de nos collègues a été prévenu par ses voisins que des soi-disant anciens amis le recherchaient et avaient découvert où il habitait", explique à RMC Emmanuel Quemener représentant du syndicat Alliance dans les Hauts-de-Seine.

"C’est un collègue qui habite en grande couronne donc on a des gens de La Butte-Rouge qui ont fait des recherches hors du département et qui ont réussi à le 'loger' comme on dit chez nous", ajoute-t-il.

"Je l'avais interpellé, il m'a reconnu chez moi, à mon domicile"

Pour Fabien, policier depuis 18 ans à Mulhouse dans le Haut-Rhin, certaines de ces informations pourraient avoir été transmises par des livreurs: "Nous faisons nous aussi nos courses sur internet et nous nous faisons aussi livrer à notre domicile. Nous avons parfois affaire à des livreurs qu'on a pu contrôler dans le cadre de notre travail et que l'on rencontre dans le cadre privé lors d'une livraison", raconte-t-il ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules".

Une mésaventure qu'il a lui-même vécue: "Un jour, un livreur s'est présenté chez moi et j'avais eu affaire à lui la semaine d'avant, je l'avais interpellé. Il m'a donc reconnu chez moi, à mon domicile. C'est déstabilisant et surprenant pour nous deux", explique le fonctionnaire alors que les policiers vivent souvent sur le secteur de leur commissariat et donc de leur zone d'intervention.

Anonymat systématique

Quant à la divulgation des informations liées aux véhicules personnels de policiers, Fabien estime que la fuite peuvent venir de professionnels: "L'application SIV, le système d'identification des véhicules, est accessible de plus en plus par des professionnels. Je dépose mon véhicule dans un garage et le garagiste a accès à des informations liées à la carte grise", explique le policier.

Pour limiter de telles fuites d'informations, Fabien appelle à une anonymisation des policiers: "On rédige souvent des actes de procédures, on est aussi entendus quand on subit des outrages ou des violences. On aimerait avoir l'anonymat lors de ces procédures car un policier victime de rébellion va donner ses informations personnelles", déplore le fonctionnaire qui appelle à une réponse ferme de la justice après la découvert des tags de Châtenay-Malabry.

G.D.