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Deux soeurs reçoivent la facture de maison de retraite de leur père qui a tué leur mère 36 ans avant

Un simple courrier a rouvert une cicatrice profonde pour deux soeurs: un courrier demandant de régler la facture de maison de retraite de leur père avec qui elles avaient coupé les ponts depuis longtemps.

Elles réclament un droit à l’oubli pour les enfants maltraités. Françoise et Laurence Le Goff ont lancé une pétition adressée à l’Etat pour qu’un enfant devenu adulte n’aient pas à subir les mêmes épreuves qu’elles.

Les deux soeurs, et leur frère, ont reçu un courrier leur demandant de subvenir financièrement à leur père. Un père alcoolique qui a assassiné, 36 ans plus tôt, leur mère sous leurs yeux.

Une requête qui a réveillé des traumatismes et à laquelle elles se sont formellement opposées. Bien qu’elles aient eu gain de cause, elles veulent faire changer la loi.

"Ca m'a fait replonger. Tout le travail que j'avais fait sur moi a été détruit en une journée"

Le 16 novembre dernier, Laurence a donc reçu un courrier du département du Maine-et-Loire lui demandant de payer la maison de retraite de son père. Un père avec lequel elle a coupé les ponts il y a 36 ans.

"Ce fameux courrier m'a fait replonger, m'a tout fait ressentir. Tout le travail que j'avais fait sur moi a été détruit en une journée", explique-t-elle.

Pour s’opposer à ce versement, avec sa soeur elles ont du fournir des preuves de leur statut de victime et se replonger dans ce drame.

"Mon père s'est approché de ma mère avec et lui a tiré une première balle. Ma soeur m'a dit de partir. Et au moment d'arriver chez les voisins on a entendu un deuxième coup et elle est morte sur ce deuxième coup... Je ne veux rien lui donner."

Elles demandent un changement de la loi

Aujourd’hui, elles ont eu gain de cause, mais elles souhaitent faire évoluer la loi avec un fichier de victimes de violences familiales.

"Pour les autres, on veut créer un fichier. Si les enfants veulent revoir son père ou sa mère il paiera la maison de retraite. Mais si l'enfant n'a pas envie et qu'il ne se manifeste pas, on ne l'embête pas, c'est un droit à l'oubli."

Laurence espère convaincre la semaine prochaine une député du département de la soutenir dans ce projet

Kelly Vargin (avec James Abbott)