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Disparition de Delphine Jubillar: Cédric Jubillar, son mari, reste en prison

Soupçonné du meurtre de sa femme Delphine, qui a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, Cédric Jubillar reste en prison. Son mandat de dépôt a été renouvelé pour six mois.

Cédric Jubillar, soupçonné du meurtre de sa femme Delphine en décembre 2020, ne sort pas de prison. Alors que le mandat de dépôt d'un an ordonné le 18 juin 2021 arrivait à échéance, il a été prolongé de six mois par le juge des libertés et de la détention, qui l’avait entendu jeudi dernier au palais de justice de Toulouse. Ses avocats, qui ont annoncé cette décision ce lundi après-midi, vont faire appel.

Delphine Jubillar (33 ans), infirmière, a disparu du domicile familial à Cagnac-les-Mines (Tarn) dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Six mois après sa disparition, son mari a été mis en examen pour homicide volontaire, avant d'être placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse.

"Engrenage judiciaire"

Cédric Jubillar (34 ans) a rapidement fait figure de principal suspect pour les enquêteurs. Il clame son innocence, mais après six mois d'enquête, il a été mis en examen pour homicide volontaire et écroué, le 18 juin 2021. Jeudi, ses trois avocats ont plaidé pour obtenir sa libération et s'étaient pourtant montrés satisfaits du "regard nouveau" porté par le JLD sur l'affaire.

"La justice a décidé de prolonger la détention de Cédric Jubillar considérant qu'il restait des investigations à mener", a déclaré Alexandre Martin, avocat de Cédric Jubillar, déplorant le "gros problème de la justice française avec la présomption d'innocence et la détention provisoire".

"Nous nous retrouvons donc avec un Cédric Jubillar broyé par un engrenage judiciaire, une machine judiciaire, qui incarcère d'abord et réfléchit après", a asséné une de ses avocats, Emmanuelle Franck. "On va continuer à se battre jusqu'à ce que la justice ouvre les yeux", a réagi Me Martin, alors que la défense a dix jours pour faire appel.

"Il est déçu mais pas abattu"

"Il est déçu mais pas abattu" a affirmé Jean-Baptiste Alary, également avocat de Cédric Jubillar, qu'un journaliste de l'AFP avait pu apercevoir jeudi avant le début de l'audience à huis clos, doudoune orange sur les épaules, arborant une longue barbe.

S'il se clame innocent, mettant en avant l'absence de scène de crime ou de preuve irréfutable, les enquêteurs considèrent eux qu'ils disposent d'un faisceau d'indices suffisant pour que son maintien en prison soit prolongé.

De grosses opérations de recherches ont été menées à plusieurs reprises près du domicile du couple, motivées par les déclarations d'un voisin de cellule de Cédric Jubillar qui affirmaient avoir recueilli ses aveux. Ces fouilles n'ont donné aucun résultat.

"Ce dossier est toujours vide, il reste vide, il n'y a aucun élément de preuve", s'est agacé Me Martin. Cette décision, dévoilée à huis clos comme le reste des débats au cours de cette affaire, fait suite à plusieurs demandes de mise en liberté formulées par la défense. Elles ont toutes été rejetées.

"La justice est en train de rechercher ce qu'elle devrait en réalité avoir avant de placer un homme en détention: des indices, des preuves, des charges", a ajouté Me Franck. L'avocate dénonce un "raisonnement déductif" et "l'incapacité d'avoir un raisonnement à charge" de la part de l'accusation.

Cédric Jubillar est incarcéré depuis le 18 juin 2021 à la maison d'arrêt de Seysses, au sud-ouest de Toulouse. Placé à l'isolement pour des raisons de sécurité d'après une source proche de l'enquête, son régime de détention ne change pas.

LP (avec l'AFP)