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Émilie Konig: qui est la jihadiste française rapatriée en France?

Emilie König est une jihadiste française rapatriée en France ce mardi. Dès son arrivée à Paris, elle a été mise en examen pour pour association de malfaiteurs terroriste.

C’est la plus connue des 16 femmes qui sont arrivées de Syrie, ce mardi, dans un convoi de rappatriement avec 35 enfants. Émilie König a été, dès son arrivée sur le sol français, mise en examen pour association de malfaiteurs terroriste, et elle a passé sa premiere nuit en prison, à Fresnes en l'occurrence. Émilie König est une bretonne de 37 ans. Elle a grandi à Lorient, avec ses trois frères et sœurs, élevé par une mère seule. Le père, Gendarme, avait abandonné la famille.

L'histoire d'une radicalisation

Adolescente rebelle, elle rencontre à 19 ans, un homme qui lui fait deux enfants, un homme d’origine algérienne pour qui elle se convertie à l’Islam. Cet homme est ensuite emprisonné pour trafic de drogue,  Emilie se retrouve seule et se radicalise. Elle porte le voile intégrale, distribue des tracts appelant au djihad. Puis en 2012, à l'âge de 26 ans, elle part en Syrie rejoindre Al-Qaida. Elle rentre brièvement en France et repart, cette fois auprès de Daesh, l'État Islamique.. En Syrie, elle se marie deux fois avec des combattants, se retrouve veuve deux fois, mais entre-temps elle a eu trois enfants avec ces djihadistes.

A la chute de l'État Islamique en 2017, elle est arrêtée par les Kurdes. Elle vient de passer quatre ans et demi, sous la tente, dans un immense camp. Il y a un peu plus d’un an, elle avait accepté de se séparer des enfants qui étaient rentrés en France: elle voulait que l'aîné puisse faire sa rentrée en CP.

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Des charges lourdes contre elle

Depuis Raqqa, en Syrie, elle a tourné des vidéos de propagande, sur l’une d’elle on la voit s'entraîner au tir. Mais elle aurait surtout joué un rôle actif de recruteuse, contactant par internet des candidates aux jihad. Et si elle ne parvenait pas à les faire venir en Syrie, elle leur suggérait de commettre des attentats en France. Elle proposait des cibles, elle encourageait des jeunes filles à s’en prendre à des femmes de soldats, en France.

Ces informations avaient conduit l’ONU à la mettre sur la liste des combattants dangereux, et la CIA américaine l’avait désignée comme une cible prioritaire. Elle ne semble pas avoir conscience de la très lourde peine qu’elle encourt. Dans plusieurs interviews données depuis les camps en Syrie, elle disait qu’elle ne voyait pas pourquoi elle devrait faire de la prison puisque qu’elle n’a tué personne.

Nicolas Poincaré (avec MM)