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Drame du "car de Rochefort": 5 ans de prison avec sursis pour le chauffeur du camion-benne

Six adolescents sont morts en 2016 à Rochefort (Charente-Maritime) dans un accident entre un bus et un camion-benne

Six adolescents sont morts en 2016 à Rochefort (Charente-Maritime) dans un accident entre un bus et un camion-benne - AFP

Le 11 février 2016 à Rochefort (Charente-Maritime), 6 jeunes mourraient après l'accident de leur car scolaire qui avait percuté un camion-benne. Le chauffeur avait laissé ouvert le flanc gauche métallique de la benne et était jugé pour "homicides et blessures involontaires".

Le chauffeur d'un camion-benne dont l'oubli tragique avait provoqué la mort de six adolescents, le 11 février 2016 à Rochefort (Charente-Maritime), dans une collision avec leur bus de transport scolaire, a été condamné jeudi à cinq ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de La Rochelle.

Le tribunal a prononcé une peine de cinq ans de prison "intégralement couverte par un sursis simple", en-deçà des réquisitions du parquet qui avait demandé une peine de cinq ans d'emprisonnement assortie d'un sursis probatoire de trois ans. Peu après l'énoncé du jugement, le jeune homme de 29 ans, diagnostiqué en stress post-traumatique et sous lourd traitement anti-dépresseurs, est tombé à terre, pris d'un malaise.

L'un des plus graves accidents de transport d'enfants en France depuis celui de Beaune en 1982

Au petit matin du 11 février 2016, il conduisait le camion-benne dont la ridelle gauche oubliée en position ouverte avait littéralement cisaillé dans toute sa longueur le car scolaire arrivant en sens inverse, tuant six passagers de 15 à 18 ans et en blessant grièvement deux autres.

A l'horizontale, cette ridelle, lourde paroi métallique amovible qui maintient le chargement, s'était comme transformée en lame géante sur la route, laissant après son passage, des corps sous des amas de tôles broyées, pour certains décapités. "Une vision d'horreur" racontera un témoin.

Dans ce drame, l'un des plus graves accidents de transport d'enfants en France depuis celui de Beaune en 1982 (53 morts dont 44 enfants), la seule "erreur humaine" du conducteur du camion est en cause, avait souligné le ministère public qui a réclamé la sanction maximale, assortie d'un sursis, permettant au prévenu d'éviter l'incarcération.

"Il est le responsable d'un accident gravissime, il n'est pas meurtrier", avait insisté le procureur Clément Incerti, en demandant au tribunal de tenir compte de la personnalité du prévenu, un garçon "sain", décrit comme bon professionnel de la société de BTP Eiffage.

AFP