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Les consommateurs de crack évacués du jardin d'Eole: "Rien ne va changer, il n'y a pas de solution pérenne", déplore un habitant de Stalingrad

Les consommateurs de crack sont désormais interdits de cité dans le jardin d'Eole, où ils pouvaient jusqu'ici rester après la fermeture. Une solution d'urgence qui ne règle pas le problèmes de fond alors que les nuisances dans le quartier sont légions.

C'est acté, les jardins d'Eole, dans le 19ème arrondissement de Paris, vont être rendus aux riverains ce mercredi. Jusque-là, la mairie de Paris avait autorisé les fumeurs de cracks à rester dans ce parc après sa fermeture jusqu'à une heure du matin. Avec cette mesure provisoire, la municipalité espérait regrouper dans un lieu moins résidentiel les toxicomanes qui rendent la vie impossible aux riverains du quartier Stalingrad.

Mais depuis ce transfert, ce sont les riverains du jardin d'Eole qui ont subi les désagréments liés à la consommation de crack: "Rien ne va changer car il n'y a pas de solution pérenne", assure Pierre, qui habite près du jardin d'Eole. "Le souci et l'inquiétude, c'est les intrusions dans les halls d'immeuble. Le GPIS va être mobilisé pour les bailleurs sociaux mais sur les copropriétés privées, il n’y a pas de solution. Quand on appelle la police, il faut attendre 25mn et parfois ils ne viennent pas", ajoute-t-il.

"Les riverains sont très inquiets. On essaie de mobiliser depuis un an et demi, de dialoguer avec les politiques mais on a l'impression de ne pas se faire entendre. Il n’y a toujours pas de solution au niveau de l’Etat et de la municipalité. C'est une responsabilité collective, mais il n'y a pas de volonté de faire bouger les choses", déplore Pierre.

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"Il n’y a pas de suivi judiciaire"

Une fois le parc rendu au public, la mairie de Paris entend mettre en place un filtrage pour empêcher les consommateurs de crack de rentrer dans le jardin: "Les policiers aux abords du parc Eole seront là pour assurer qu’il n’y ait pas de problèmes de troubles à l’ordre public parce que c’est le risque lorsque la municipalité aura affaire à des toxicomanes qui voudront pénétrer dans l’enceinte", précise sur RMC Stanislas Gaudon, secrétaire général adjoint du syndicat de police Alliance, qui réfute les accusations de laisser-faire de la police.

"La Police nationale, elle est souvent là et elle a souvent fait son travail, elle a interpellé des dealers qui ont reçu des rappels à la loi. Les toxicomanes aussi ont reçu un simple rappel à la loi et aucune injonction thérapeutique. Notre travail c’est de s’occuper des trafiquants, ils risquent cinq ans de prison et ne ressortent qu’avec des rappels à la loi. La réponse n’est pas à la hauteur des enjeux", assure le fonctionnaire.

Le constat est le même pour Pierre, le riverain du jardin d'Eole: "Je ne critique pas le travail de la police mais on est témoins au quotidien, on voit des cars de CRS à côté de dealers qui vendent du crack devant eux et ils n’interviennent pas", assure-t-il. Il déplore également l'absence de réponse judiciaire: 

"On a identifié des dealers depuis plus d’un an et demi et on ne comprend pas qu’ils soient encore en activité. La majeure partie des policiers avec qui l’on parle partage le constat de monsieur Gaudon, il n’y a pas de suivi judiciaire".

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Guillaume Dussourt