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Mireille Knoll: "Elle connaissait le suspect, elle buvait du porto avec lui avant le drame"

Avant la marche blanche en hommage à sa mère, tuée à 85 ans, les premiers éléments de l'enquête commencent à se dessiner. Et notamment le portrait du suspect, un voisin proche de la victime.

"Elle l'a connu quand il avait 7 ou 8 ans". Avant la "Marche blanche" qui doit se tenir mercredi soir en la mémoire de Mireille Knoll, cette octogénaire juive dont le corps a été retrouvé en partie carbonisé, lardé de coups de couteau, vendredi dernier à Paris, les premiers éléments de l'enquête sont dévoilés.

Parmi ces derniers, l'un est particulièrement troublant: le principal suspect connaissait très bien la victime. Deux hommes ont, pour l'instant, été mis en examen pour "homicide volontaire" à caractère antisémite et "vol aggravé". L'un d'eux, né en 1989, était un voisin de Mireille Knoll et avait l'habitude de lui rendre visite; l'autre est un ami de ce dernier, un jeune homme de 21 ans, sans domicile fixe.

"Elle pensait que le suspect était un garçon modèle"

Le principal suspect connaissait en réalité la vieille dame depuis l'âge de 7 ans, comme l'a expliqué Daniel Knoll sur RMC, "Elle lui faisait 100% confiance". Même constat pour l'auxiliaire de vie de Mireille Knoll, qui confie qu'"Elle pensait que le suspect était un garçon modèle". Ce dernier habitait quelques étages au-dessus de son appartement et venait régulièrement lui tenir compagnie: il l'aidait parfois à faire ses courses. 

Mais en février 2017 tout bascule: l'auxiliaire de vie de l'octogénaire porte plainte contre le jeune homme pour avoir tenté d'agresser sexuellement sa fille âgée de 12 ans seulement. L'homme passe plusieurs mois derrière les barreaux et en ressort en septembre dernier. 

"Nous lui avions pourtant dit de ne plus le recevoir"

Vendredi, le jour du meurtre, après des mois d'absence, il réapparaît et rend visite à Mireille Knoll, à la grande surprise de la famille de la vieille dame qui lui avait pourtant déconseillé de continuer à lui ouvrir la porte.

"Quand mon épouse est arrivé, elle l'a trouvé attablé avec ma mère en train de boire du porto. Ma mère n'a jamais imaginé que quoi que ce soit pouvait lui arriver de la part de cet homme-là. Nous lui avions pourtant dit de ne plus le recevoir, mais ma mère, naïve, disait qu'il fallait combattre la haine, ces gens qui ont la haine dans la bouche, dans la tête ou dans leurs mains" confie le fils de la victime. 
Victor Joanin et X.A